Dans une tribune au ton ferme et argumenté, Yves Kisombe, député honoraire, ancien vice-ministre des Affaires étrangères et vice-président du Centre, invite la classe politique congolaise à dépasser les querelles partisanes pour aborder avec responsabilité la question constitutionnelle. Pour cet homme d’État rompu aux questions institutionnelles, le débat sur la Constitution mérite davantage de rigueur intellectuelle et moins de calculs politiques.

Un débat national qui exige de la hauteur

Alors que la République démocratique du Congo fait face à l’agression persistante dans sa partie orientale et aux souffrances de millions de compatriotes, Yves Kisombe déplore l’incapacité de certains acteurs politiques à élever le niveau du débat public.

Selon lui, la démocratie, librement choisie par le peuple congolais, garantit la liberté d’expression, le pluralisme politique et le droit à la contradiction. Toutefois, ces acquis démocratiques ne devraient pas servir de prétexte à la désinformation, aux accusations infondées ou aux polémiques stériles.

Contre les manipulations et les contre-vérités

L’ancien vice-ministre des Affaires étrangères dénonce ce qu’il considère comme une banalisation inquiétante du débat constitutionnel. Il fustige les positions extrêmes de certains responsables politiques qui, soit défendent soit combattent toute réflexion sur la Constitution avec une légèreté qu’il juge préjudiciable à la nation.

Pour Yves Kisombe, plusieurs déclarations relayées dans l’espace public reposent davantage sur des approximations juridiques que sur une véritable maîtrise du droit constitutionnel. Il estime notamment que certaines accusations visant le Président de la République relèvent davantage de la polémique politique que d’une analyse juridique sérieuse.

« La Constitution procède de la souveraineté du peuple »

Au cœur de sa réflexion figure une affirmation forte : la souveraineté du peuple congolais ne découle pas de la Constitution, mais c’est au contraire la Constitution qui tire sa légitimité de la souveraineté du peuple.

S’appuyant sur les principes du droit international et du droit constitutionnel comparé, Yves Kisombe rappelle que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes constitue un fondement universellement reconnu. Dès lors, soutient-il, aucun texte constitutionnel ne peut prétendre limiter définitivement la capacité d’un peuple souverain à modifier ou à remplacer sa loi fondamentale.

Pour lui, l’histoire constitutionnelle congolaise en apporte la preuve : le peuple a déjà exercé cette prérogative en adoptant une nouvelle Constitution en 2005 puis en approuvant certaines révisions en 2011.

À ses yeux, présenter la Constitution du 18 février 2006 comme un texte intangible et immuable relève d’une interprétation erronée du principe même de souveraineté populaire.

Face à l’agression, privilégier l’unité nationale

Dans un contexte marqué par la persistance de l’agression rwandaise et l’activisme des groupes armés dans l’Est du pays, Yves Kisombe appelle également à une vigilance accrue face aux tentatives de déstabilisation de la République.

L’ancien député estime que certains comportements politiques risquent de fragiliser davantage la cohésion nationale au moment où le pays a besoin de solidarité et de mobilisation collective. Il invite ainsi les Congolais à privilégier l’intérêt supérieur de la nation et à défendre l’intégrité territoriale de la RDC.

Un plaidoyer pour la responsabilité politique

À travers cette prise de position, Yves Kisombe se pose en défenseur d’un débat républicain fondé sur le droit, la vérité et le respect des institutions. Son message est clair : les questions constitutionnelles, qui engagent l’avenir de la nation, ne peuvent être réduites à des affrontements politiciens ou à des stratégies de communication.

Pour ce fin connaisseur des enjeux diplomatiques et institutionnels, l’heure est à la responsabilité, à la maturité politique et à la préservation de l’unité nationale autour des intérêts fondamentaux du peuple congolais.

Arnold TSHIMANGA

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