Kinshasa – À quelques mois du Sommet biennal de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), prévu en novembre 2026 au Cambodge, les voix se multiplient en République démocratique du Congo en faveur d’une candidature congolaise à la tête de l’institution. Parmi elles, celle d’Yves Kisombe, ancien député national et ancien vice-ministre des Affaires étrangères, qui apporte publiquement son soutien à Juliana Lumumba.

Pour cet ancien diplomate, la fin du mandat de l’actuelle Secrétaire générale de l’OIF, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, ouvre une opportunité historique que la RDC ne devrait pas laisser passer. Il estime qu’il est tout à fait légitime pour le pays de briguer la direction de cette organisation, afin de renforcer davantage son influence sur la scène internationale.

Yves Kisombe rappelle que le processus de désignation du Secrétaire général est clairement défini. Chaque État membre est libre de présenter le candidat de son choix. En amont du sommet, une Conférence ministérielle de la Francophonie permet aux différents prétendants d’exposer leurs programmes, leurs priorités et leur vision pour l’avenir de l’organisation. Toutefois, la décision finale appartient aux chefs d’État et de gouvernement, réunis en sommet, qui procèdent généralement à une élection par consensus et à huis clos.

Selon lui, même si la France, première puissance de l’espace francophone, exerce traditionnellement une influence diplomatique importante dans ce processus, le principe fondamental demeure celui d’une élection souveraine des États membres.

L’ancien vice-ministre des Affaires étrangères estime que la RDC dispose aujourd’hui d’atouts diplomatiques significatifs pour défendre une candidature crédible. Il salue notamment le leadership du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’il présente comme « le champion de la diplomatie congolaise », ainsi que le travail de la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, dont il souligne les compétences.

Yves Kisombe appelle néanmoins à la prudence dans le traitement de ce dossier. Il explique n’avoir pas entendu les autorités gouvernementales se prononcer publiquement sur cette éventuelle candidature, une réserve qu’il juge normale au regard des usages diplomatiques.

« Il existe des canaux appropriés et des règles diplomatiques qui encadrent ce type de démarche », fait-il observer, laissant entendre que les négociations se déroulent souvent avec discrétion avant toute annonce officielle.

En soutenant la candidature de Juliana Lumumba, Yves Kisombe estime que la République démocratique du Congo a l’occasion de consolider son rayonnement au sein de la Francophonie et de confirmer la montée en puissance de sa diplomatie sur les grandes scènes internationales. Le rendez-vous de Phnom Penh, en novembre prochain, pourrait ainsi constituer un tournant majeur pour les ambitions diplomatiques de Kinshasa.

Arnold TSHIMANGA

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