Paris, le 28 avril 2025 – Alors que l’accord signé à Washington entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda continue d’alimenter des débats passionnés au sein de l’opinion congolaise, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a tenu à clarifier la position du gouvernement congolais. Lors d’une conférence organisée à l’Institut français des relations internationales (IFRI) à Paris, il a défendu avec fermeté l’intégrité de la démarche entreprise par Kinshasa.
Signée sous la médiation américaine, la Déclaration de principes engage les deux pays à une coopération régionale renforcée, incluant la cogestion de certaines ressources économiques et le respect mutuel de leur souveraineté. Mais pour une frange importante de la société congolaise, cet accord fait craindre une compromission, notamment sur les richesses minières et la souveraineté nationale.
Face à ces inquiétudes, Patrick Muyaya s’est montré catégorique : « Il n’y a aucune action en cours ou à venir dans ce processus de paix qui compromettrait, ne serait-ce qu’en infime mesure, les intérêts de la RDC », a-t-il affirmé devant un auditoire composé de diplomates, d’universitaires et de décideurs.
Insistant sur la ligne défendue par le président Félix Tshisekedi, le ministre a souligné que l’intégralité des démarches entreprises vise le retour durable de la paix dans l’est du pays, tout en maintenant une posture de fermeté sur les questions de souveraineté. « Les intérêts de la RDC sont garantis de bout en bout. C’est cela la ligne directrice du chef de l’État », a-t-il ajouté.
Muyaya a également balayé les critiques évoquant une mainmise des États-Unis dans le processus. « Il n’y a pas de récupération américaine. Les États-Unis ont toujours été un allié de la RDC, et leur rôle, comme celui d’autres partenaires, a permis de faire pression sur Kigali pour avancer vers la paix », a-t-il précisé.
Un avis partagé par l’ancien ministre des Affaires étrangères et député national, Léonard She Okitundu. Dans une interview accordée à la presse congolaise, l’élu du Sankuru a salué une vision tournée vers un « partage des bénéfices » au lieu de la confrontation. « Aucun Congolais, aujourd’hui, ne va brader nos minerais. Faisons confiance à nos négociateurs », a-t-il lancé.
L’accord de Washington, signé le 25 avril, prévoit entre autres la promotion d’une chaîne minière responsable, la coopération dans le domaine de l’hydroélectricité, la cogestion des parcs naturels, ainsi que le retour volontaire des déplacés internes et des réfugiés. Il réaffirme l’engagement mutuel des deux États à respecter leur intégrité territoriale et à renoncer à toute ingérence dans les affaires internes.
Malgré les assurances du gouvernement, une partie de la population reste sceptique, échaudée par les antécédents conflictuels avec le régime de Kigali. La mise en œuvre concrète de cet accord sera donc scrutée de près, tant à Kinshasa qu’à l’international.
Arnold TSHIMANGA






































































































































































































































































































































































































































































































































