Kinshasa, 9 juin 2026 – Face aux nombreuses préoccupations de la population concernant l’état des routes et des infrastructures urbaines, le ministre des Infrastructures et Travaux publics (ITP), John Banza, a apporté des précisions importantes sur les compétences du gouvernement central en matière de voirie et de construction des infrastructures publiques.

Intervenant lors de l’exercice de redevabilité organisé par le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, à la salle Maman Angebi de la RTNC, le ministre a tenu à rappeler le cadre constitutionnel qui régit la gestion de la voirie en République démocratique du Congo.

La voirie, une compétence exclusive des provinces

Devant la presse et l’opinion publique, John Banza a souligné que la Constitution de la RDC est sans équivoque sur cette question. Conformément à l’article 204, alinéa 4, la voirie relève exclusivement des provinces.

« Pour la voirie, nous sommes un gouvernement central. La Constitution, qui est la loi des lois, dispose en son article 204, alinéa 4, que la voirie relève de la compétence exclusive des provinces. Nous, en tant qu’État central, ne pouvons qu’accompagner les provinces dans la construction de ces ouvrages publics », a-t-il expliqué.

Cette mise au point vise à éclairer l’opinion sur le partage des responsabilités entre les différents niveaux de gouvernance, alors que de nombreuses critiques sont régulièrement adressées au gouvernement central concernant l’état des routes urbaines, notamment à Kinshasa.

Un vaste programme routier en pleine expansion

Au-delà des clarifications institutionnelles, le ministre des ITP a dressé un bilan qu’il juge encourageant des réalisations du gouvernement du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo dans le domaine des infrastructures routières.

Selon John Banza, le pays est passé d’un réseau routier d’environ 3.000 kilomètres hérité en 2019 à près de 8.000 kilomètres de routes actuellement en cours de réalisation grâce aux différents projets lancés à travers le territoire national.

Cette dynamique s’inscrit dans la vision gouvernementale visant à renforcer l’intégration nationale, améliorer la mobilité des populations et soutenir le développement économique des différentes provinces.

Des projets structurants pour connecter le pays

Parmi les grands chantiers stratégiques présentés figure la Route nationale numéro 1 (RN1), un projet majeur destiné à relier le corridor de Banana au corridor central sur près de 3.300 kilomètres.

Le ministre a également évoqué les travaux de la Route nationale numéro 2 (RN2), qui doit relier Mbuji-Mayi à Bukavu sur une distance d’environ 1.080 kilomètres, contribuant ainsi à désenclaver plusieurs régions du pays.

Autre réalisation emblématique : la construction d’un important pont reliant les provinces de la Lomami et du Maniema. Avec ses 714 mètres linéaires, cet ouvrage est présenté comme le deuxième plus long pont de la République démocratique du Congo, derrière le pont Maréchal qui mesure 748 mètres.

Appel à la patience et poursuite des investissements

Conscient des attentes élevées de la population, particulièrement à Kinshasa, John Banza a invité les Congolais au calme et à la patience, assurant que les autorités suivent de près l’évolution des différents chantiers en cours.

Le ministre a affirmé superviser personnellement plusieurs projets et a annoncé le lancement prochain de nouveaux travaux de construction à travers l’ensemble du pays.

À travers ces explications et la présentation des projets en cours, le gouvernement entend démontrer sa détermination à moderniser les infrastructures nationales tout en respectant les compétences attribuées à chaque niveau de gouvernance par la Constitution.

Arnold TSHIMANGA

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