Dans une récente interview vidéo accordée à Jeune Afrique, le ministre congolais des Hydrocarbures, Aimé Molendo Sakombi, a affirmé sans détour la nouvelle orientation du gouvernement congolais : « Maintenant, la politique du gouvernement, c’est d’explorer et de produire le pétrole ». Une déclaration qui traduit la détermination des autorités à relancer et renforcer le secteur des hydrocarbures, malgré les vives critiques d’organisations environnementales.
L’exploitation pétrolière au cœur d’une vive controverse
Cette position intervient alors que l’attribution de 52 blocs pétroliers dans le bassin du Congo suscite une vive polémique. Plusieurs ONG, réunies au sein de la coalition « Notre terre sans pétrole », ont dénoncé cette démarche et demandé l’arrêt immédiat de la procédure ainsi que l’annulation des premières attributions. Selon elles, cette décision menace gravement les écosystèmes, notamment dans une région riche en biodiversité. Elles rappellent l’exemple de Moanda, où l’exploitation pétrolière, en place depuis des décennies, n’a pas tenu ses promesses de développement durable, ni pour les populations locales ni pour l’environnement.
Le gouvernement se veut rassurant et stratégique
En réponse aux inquiétudes, le ministre Sakombi a souligné que les blocs proposés ont été “détoxifiés”, c’est-à-dire expurgés des zones protégées. Il a également annoncé la préparation d’un nouveau code pétrolier, qui devrait être présenté au Conseil des ministres dans les trois mois à venir, avant d’être soumis au Parlement. Ce texte visera à encadrer le secteur de manière plus rigoureuse, tout en attirant davantage d’investissements.
Par ailleurs, le ministre a indiqué que Kinshasa souhaite s’inspirer de ses voisins comme le Congo-Brazzaville et l’Angola, en renforçant sa coopération avec les majors pétroliers américains. Il s’agit, selon lui, de mettre en œuvre une politique énergétique pragmatique et tournée vers le développement économique.
Une ligne de conduite assumée
Malgré les contestations, le ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement : « Le gouvernement ne reculera plus ». Cette déclaration marque une rupture avec les hésitations passées, notamment après l’annulation en 2024 des appels d’offres lancés en 2022, portant sur 30 blocs (27 pétroliers et 3 gaziers).
Aujourd’hui, la RDC ambitionne de valoriser son potentiel pétrolier et de faire du secteur des hydrocarbures un levier de croissance économique, tout en assurant que les enjeux environnementaux seront pris en compte dans le nouveau cadre légal.
Arnold TSHIMANGA






























































































































































































































































































































































































































































































































































































