À la Cité de l’Union africaine, une question polémique qui fait grand bruit

La conférence de presse organisée à la Cité de l’Union africaine par le Président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo, continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique et médiatique congolaise.

Au centre de la controverse : une question posée par Jean-Marie Kasamba, patron de Télé 50 et président de l’UNPC/Kinshasa, évoquant un prétendu « malaise permanent » au sein de l’Union Sacrée de la Nation (USN), en citant certains membres du Présidium.

Une sortie qui n’a pas laissé indifférent le Professeur André Mbata Betukumesu Mangu, Secrétaire Permanent de l’USN et figure intellectuelle majeure de la majorité présidentielle, lequel a vivement dénoncé ce qu’il considère comme une dérive grave de la pratique journalistique en République démocratique du Congo.

André Mbata dénonce la propagation des « faux bruits »

Dans une réaction ferme et sans détour, le Professeur André Mbata a exprimé sa profonde déception face à l’attitude du journaliste, qu’il accuse d’avoir relayé des informations non vérifiées devant le Chef de l’État.

« Triste pour la presse congolaise », a-t-il déclaré, avant de fustiger ce qu’il qualifie de reprise mécanique des « faux bruits » propagés par certains invités « du mauvais côté de l’histoire ».

Pour le Secrétaire Permanent de l’USN, il est inacceptable qu’un professionnel des médias, occupant en plus des responsabilités au sein de l’UNPC/Kinshasa, puisse avancer de telles affirmations sans procéder à une vérification rigoureuse des faits.

Cette mise au point du Professeur André Mbata traduit la volonté de défendre non seulement son image et celle de l’Union Sacrée, mais également les principes fondamentaux d’une presse responsable, professionnelle et équilibrée.

Félix Tshisekedi tranche : « Cuisine interne »

Face à cette question jugée sensible, le Président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo, a choisi une réponse brève mais lourde de sens : « Cuisine interne ».

Par cette formule, le Chef de l’État a clairement indiqué que les débats internes à la plateforme présidentielle ne sauraient être transformés en objet de spéculation publique ou de polémique médiatique.

Selon plusieurs observateurs, cette réaction présidentielle traduit également une volonté de banaliser les rumeurs évoquées et de rappeler que l’Union Sacrée demeure un cadre politique structuré autour d’une même vision de gouvernance et de soutien aux institutions de la République.

Mais le passage qui a particulièrement retenu l’attention reste l’appréciation prêtée au Président de la République concernant Jean-Marie Kasamba. Félix Tshisekedi aurait estimé que « l’ancien chantre du kabilisme était tombé trop bas » et que « le moment serait venu pour lui de prendre la retraite ».

Des propos qui témoignent de la tension provoquée par cette intervention médiatique au sommet de l’État.

Une défense vigoureuse de l’Union Sacrée

À travers cette réaction, André Mbata apparaît une nouvelle fois comme l’un des principaux remparts politiques et intellectuels de l’Union Sacrée de la Nation. Connu pour sa maîtrise des questions institutionnelles, son éloquence et sa fidélité au Chef de l’État, le professeur de droit constitutionnel n’a jamais hésité à monter au créneau lorsqu’il estime que les institutions ou la majorité présidentielle sont injustement attaquées.

Pour plusieurs cadres de l’USN, les affirmations relayées lors de cette conférence de presse participeraient d’une stratégie visant à semer le doute sur la cohésion de la plateforme présidentielle, alors même que le pays fait face à d’importants défis sécuritaires et politiques.

Dans ce contexte, la réaction du Secrétaire Permanent sonne comme un rappel à l’ordre adressé à certains acteurs médiatiques accusés d’alimenter les polémiques plutôt que d’informer avec responsabilité.

Le débat sur l’éthique journalistique relancé

Cette séquence politique et médiatique remet également sur la table la question de l’éthique dans le traitement de l’information en RDC.

Nombre d’analystes estiment qu’un journaliste, surtout lorsqu’il dirige une corporation aussi influente que l’UNPC/Kinshasa, devrait faire preuve d’une prudence particulière avant de porter publiquement des accusations ou des affirmations touchant aux institutions et aux personnalités politiques.

Dans un contexte national marqué par la lutte contre la désinformation, les fake news et les manipulations politiques, plusieurs voix appellent désormais à un retour aux fondamentaux du métier : recoupement des sources, neutralité, rigueur et respect des faits.

Arnold TSHIMANGA

Laisser un commentaire