Kinshasa, 21 juillet 2025 — Lors d’un briefing conjoint exceptionnel, tenu dans la nuit du lundi 21 au mardi 22 juillet, le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, et le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, ont rappelé que la quête de paix dans l’est de la République démocratique du Congo ne saurait se faire en un instant.

« La paix, on va la construire, et ce processus va prendre un certain temps. Ça ne sera pas du tic-tac », a lancé Jacquemain Shabani, insistant sur la nécessité de faire preuve de patience face à la complexité des négociations en cours.

Une démarche diplomatique plurielle
Les deux responsables ont passé en revue les grandes étapes diplomatiques qui jalonnent cette démarche : la déclaration de principes de Doha du 19 juillet, la rencontre du 18 mars entre le président Félix Tshisekedi et le président Kagame, le communiqué du 23 avril entre le gouvernement congolais et la coalition M23, ainsi que la déclaration de Washington du 25 avril.

Ils ont souligné que ces différents textes, bien que distincts, forment une série de processus complémentaires, chacun jouant un rôle crucial dans la recherche d’une paix durable. « Il faut bien lire et comprendre chaque déclaration pour en saisir la logique et la cohérence », ont-ils insisté.

Les sept piliers pour une paix durable
Shabani a détaillé sept points clés qui doivent impérativement être respectés pour bâtir la stabilité :
Le maintien d’un cessez-le-feu durable, avec un mécanisme de suivi et de vérification.
La restauration de l’autorité de l’État dans les territoires occupés, par le déploiement des responsables administratifs.
Le retour des réfugiés et déplacés, en partenariat avec le HCR, lors d’une réunion tripartite prévue à Addis-Abeba.
La mise en œuvre concrète d’actions de confiance, telles que la libération de prisonniers et le retrait des forces armées.
La restauration des structures de l’État dans les zones occupées.
La protection des civils, avec un rôle accru de la MONUSCO dans la gestion de la sécurité.
La patience, car « la paix ne se décrète pas, elle se construit étape par étape ».

Les médias, acteurs clés dans cette dynamique
Le ministre Muyaya a également annoncé une réunion avec les responsables des médias. Il leur a rappelé leur rôle essentiel dans la diffusion d’informations responsables, la sensibilisation et la prévention de la désinformation en cette période sensible. « La responsabilité des médias est capitale : ils doivent contribuer à la paix en évitant de relayer des discours dangereux ou déstabilisateurs », a-t-il souligné.

Une coopération régionale renforcée
Les responsables ont évoqué la prochaine réunion prévue à Addis-Abeba, réunissant la RDC, le Rwanda et le HCR, pour faire avancer la question des réfugiés. La présence active de la MONUSCO dans la protection des civils a aussi été réaffirmée, dans un contexte où la stabilité reste fragile mais essentielle.

Une vérité fondamentale : la paix demande du temps
Jacquemain Shabani a conclu en insistant sur cette réalité incontournable : « La paix, nous allons la bâtir, mais ce sera un long chemin. Ce n’est pas du jour au lendemain. » La RDC continue ses efforts dans cette voie, convaincue que chaque étape, chaque accord, chaque engagement contribue à l’édifice d’une paix durable pour l’avenir du pays.

Arnold TSHIMANGA

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