Kinshasa, 17 juillet 2026 – La journée de ce vendredi 17 juillet 2026 restera comme un moment important dans l’évolution du débat national autour de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo et du futur dialogue national inclusif. À l’issue de l’audience accordée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, aux responsables des principales confessions religieuses à la Cité de l’Union africaine, le Cardinal Fridolin Ambongo a tenu une déclaration très remarquée devant la presse, au micro de la RTNC.

Pour la première fois avec autant de clarté, le prélat catholique a désigné nommément le Rwanda comme l’agresseur de la République démocratique du Congo, dans le contexte de la guerre qui ravage l’Est du pays. Une prise de position qui marque une évolution significative du discours public des responsables religieux sur cette question, et qui rejoint les nombreuses déclarations formulées depuis plusieurs mois par le Professeur André Mbata Betukumesu Mangu.

Une position défendue depuis 2025 par André Mbata

Bien avant cette déclaration du Cardinal Ambongo, le Professeur André Mbata Betukumesu Mangu, Secrétaire permanent et porte-parole de l’Union sacrée de la Nation, n’avait cessé d’affirmer que la RDC faisait face à une agression étrangère menée par le Rwanda, appelant toutes les forces vives de la nation à avoir le courage politique et moral de désigner clairement l’auteur de cette guerre.

Dès les mois d’août et de septembre 2025, avant même la tenue du deuxième Congrès de l’Union sacrée, le constitutionnaliste plaidait déjà pour un langage de vérité face à la communauté nationale et internationale. Selon lui, aucune solution durable ne pouvait être envisagée sans reconnaître explicitement l’identité de l’agresseur.

À plusieurs reprises, il avait également exhorté l’Église catholique à faire preuve de davantage de clarté sur cette question, estimant que le silence ou les formulations prudentes entretenaient une certaine ambiguïté dans l’opinion publique.

Le dialogue, oui… mais dans le respect des institutions

Autre convergence aujourd’hui mise en évidence : la question du dialogue national inclusif.

Depuis plusieurs mois, le Professeur André Mbata soutenait qu’aucun dirigeant congolais n’avait autant démontré son attachement au dialogue que le Président Félix Tshisekedi. Selon lui, le dialogue ne devait jamais être imposé par des pressions extérieures, encore moins être présenté comme une capitulation face aux revendications de certains acteurs politiques.

Pour André Mbata, seul le Chef de l’État, garant de la Constitution et des institutions de la République, disposait de la légitimité nécessaire pour initier un dialogue véritablement républicain, souverain et inclusif.

Les annonces faites ce vendredi par le cardinal ambongo sur l’organisation prochaine d’un dialogue national inclusif semblent ainsi conforter cette vision, défendue depuis plusieurs mois par le Secrétaire permanent de l’Union sacrée.

Une constance dans le discours

Cette lecture des événements n’est pas nouvelle. En octobre 2025, lors d’une conférence-débat organisée devant des étudiants, le Professeur André Mbata avait longuement développé sa vision du dialogue national, insistant sur deux principes fondamentaux : la défense de la souveraineté nationale et la nécessité de désigner sans ambiguïté le Rwanda comme agresseur de la RDC.

Quelques semaines plus tard, en décembre 2025, devant des milliers de participants réunis au Palais du Peuple lors de la marche de soutien au Président Félix Tshisekedi et aux institutions de la République, il avait repris le même message, appelant les Congolais à faire bloc derrière les institutions tout en refusant toute confusion sur les responsabilités dans la guerre de l’Est.

Une évolution saluée

La déclaration du Cardinal Ambongo est perçue par de nombreux observateurs comme un tournant important dans le discours public sur la crise congolaise. En reconnaissant ouvertement le Rwanda comme agresseur de la RDC, le prélat rejoint une position que plusieurs responsables politiques, diplomatiques et institutionnels défendaient déjà depuis de longs mois.

Pour les proches de l’Union sacrée, cette évolution vient renforcer l’idée que le Professeur André Mbata avait fait preuve d’une lecture précoce des enjeux politiques et diplomatiques liés à la crise sécuritaire. Son insistance sur la nécessité d’un dialogue conduit dans le cadre des institutions de la République, tout comme son appel à nommer clairement l’agresseur, trouvent aujourd’hui un écho particulier dans les développements de l’actualité.

Un dialogue attendu pour consolider la cohésion nationale

Alors que le Président Félix Tshisekedi a officiellement annoncé l’organisation d’un dialogue national inclusif, les attentes sont désormais nombreuses. Cette initiative est appelée à rassembler les différentes composantes de la nation autour d’un objectif commun : consolider la cohésion nationale, renforcer les institutions démocratiques et construire une réponse collective face aux défis sécuritaires, politiques et sociaux auxquels la RDC est confrontée.

Dans ce contexte, les déclarations faites ce vendredi à la Cité de l’Union africaine pourraient constituer le point de départ d’une nouvelle dynamique nationale, où la vérité sur l’agression de la RDC et la recherche d’un consensus républicain apparaissent désormais comme deux exigences indissociables pour la paix et la stabilité du pays.

Arnold TSHIMANGA

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