Kinshasa, 18 mars 2026 — À l’heure où les débats autour de la révision ou du changement de la Constitution de la République démocratique du Congo agitent l’espace public, une voix autorisée s’élève pour recentrer la discussion sur l’essentiel : la rigueur scientifique et la compétence académique. Celle du professeur André Mbata Mangu, figure emblématique du droit constitutionnel en Afrique.

Un colloque de haut niveau ignoré par certains acteurs

Le 18 février 2026, un important colloque scientifique s’est tenu au Palais du Peuple, organisé par la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa en collaboration avec l’Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique. Cet événement marquait le 20ᵉ anniversaire de la Constitution du 18 février 2006, texte fondamental de la République.

Pourtant, selon plusieurs observateurs académiques, ce rendez-vous majeur n’a pas mobilisé tous les acteurs aujourd’hui très présents dans le débat public. Une absence d’autant plus surprenante que ces mêmes voix se font désormais entendre dans les rues, les médias et les réseaux sociaux, souvent sans base scientifique solide.

La Constitution : une matière exigeante

Le professeur André Mbata Mangu rappelle une évidence souvent négligée : si la Constitution concerne l’ensemble du peuple, son analyse requiert une expertise pointue.
« Tout le monde n’est pas juriste, et tout juriste n’est pas constitutionnaliste », martèle-t-il en substance, dénonçant une tendance à la simplification excessive d’un sujet complexe.

Dans un contexte où l’émotion et la politique prennent parfois le pas sur la réflexion, cette mise au point sonne comme un appel à la responsabilité intellectuelle.

Le recul de la culture scientifique dénoncé

Autre constat préoccupant : la baisse du niveau de lecture et d’engagement intellectuel, même parmi les diplômés universitaires. Une réalité qui, selon les milieux académiques, fragilise la qualité du débat démocratique en RDC.

Pourtant, des cadres de réflexion existent. L’Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique avait déjà organisé des colloques similaires en 2022 et 2024, à l’occasion des 16ᵉ et 18ᵉ anniversaires de la Constitution. Des travaux scientifiques qui, regrettablement, restent peu exploités dans le débat public actuel.

Une référence scientifique incontournable

Parmi les contributions majeures, figure l’article du professeur André Mbata Mangu intitulé : « La Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006 à la croisée des chemins : Entre “Révision” et “Changement” », publié dans l’African Journal of Democracy and Governance (Volume 11, 2024).

Dans cette analyse de référence, l’universitaire explore avec profondeur et rigueur les enjeux juridiques, politiques et institutionnels liés à toute réforme constitutionnelle. Une contribution saluée dans les milieux académiques internationaux.

Professeur ordinaire à l’Université de Kinshasa et professeur extraordinaire à l’Université d’Afrique du Sud, André Mbata Mangu incarne l’excellence scientifique africaine. Auteur prolifique, ses travaux font autorité et sont largement consultés à travers le monde.

Un appel à un débat éclairé

Face à la montée des prises de position parfois approximatives, le message du professeur André Mbata Mangu est clair : le débat sur la Constitution doit se nourrir de savoir, de rigueur et de responsabilité.

À l’heure des choix cruciaux pour l’avenir institutionnel de la RDC, la voix des experts apparaît plus que jamais indispensable pour éclairer l’opinion et préserver l’équilibre démocratique.

En définitive, loin des tribunes improvisées, c’est dans les amphithéâtres, les revues scientifiques et les travaux d’experts que se construit un débat constitutionnel digne d’une grande démocratie.

Arnold TSHIMANGA

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