Kinshasa — Au lendemain de la marche organisée par la Coalition Article 64 (C64) contre le changement de la Constitution, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a livré, mardi 15 septembre 2026, la lecture du Gouvernement sur le déroulement de cette mobilisation. Lors du briefing de presse, le porte-parole du Gouvernement a insisté sur un principe : la démocratie garantit le droit à l’expression, mais cette liberté doit s’exercer dans le respect de l’ordre public et des intérêts essentiels de la nation.
« Nous sommes dans une démocratie »
D’entrée de jeu, Patrick Muyaya a replacé la manifestation de l’opposition dans le cadre des libertés démocratiques.
« Nous sommes dans une démocratie », a-t-il rappelé, reconnaissant aux uns le droit de manifester et de défendre leurs convictions, tout en soulignant le rôle des forces de sécurité.
« Les uns et les autres sont dans leur droit de vouloir s’exprimer. D’autres sont dans leur droit aussi, pour ne pas dire leur devoir, d’assurer la sécurité à la fois de ceux qui manifestent et de ceux qui ne manifestent pas », a-t-il déclaré.
Pour le porte-parole du Gouvernement, l’enjeu consiste donc à concilier liberté de manifestation et protection de l’ensemble des citoyens.
Le Gouvernement dénonce « le mensonge et la manipulation »
L’un des points majeurs de l’intervention de Patrick Muyaya concerne les informations ayant circulé à la veille de la manifestation.
Le ministre a dénoncé ce qu’il considère comme des pratiques de « mensonge et de manipulation », citant notamment un faux communiqué largement relayé sur les réseaux sociaux et attribué aux autorités éducatives, appelant les enfants à ne pas se rendre à l’école.
Une démarche que le porte-parole du Gouvernement juge particulièrement préoccupante dans un contexte où la rentrée scolaire est en cours.
« Il ne faudrait pas toucher à un point essentiel comme l’éducation de nos enfants », a-t-il martelé.
Pour Patrick Muyaya, la confrontation politique ne devrait pas se traduire par des actions ou des messages susceptibles de semer la peur chez les parents ou de perturber la scolarité des enfants.
Malgré la mobilisation, les institutions ont continué à fonctionner
Autre argument avancé lors du briefing : malgré la mobilisation de la C64, les activités institutionnelles se sont poursuivies.
Patrick Muyaya a notamment évoqué les travaux liés au projet de loi de finances 2027, ainsi que la rentrée parlementaire au Sénat et à l’Assemblée nationale.
Le message du Gouvernement est ainsi clair : une manifestation politique, même importante, ne devrait pas conduire à l’arrêt du fonctionnement des institutions ni des activités essentielles du pays.
Le professionnalisme de la Police salué
Revenant sur les incidents signalés en marge de la marche, Patrick Muyaya a également défendu l’action de la Police nationale congolaise.
Il a salué ce qu’il a qualifié de « professionnalisme » des forces de l’ordre, affirmant que celles-ci, « malgré les provocations, n’ont pas cédé ».
Le ministre a toutefois indiqué qu’un bilan consolidé des incidents devait être établi et communiqué par les autorités compétentes. La RTNC rapporte également que, selon les éléments communiqués lors du briefing, aucune perte en vie humaine n’avait été signalée.
Du bras de fer politique au dialogue
Au-delà de la manifestation elle-même, Patrick Muyaya a replacé cette séquence dans le contexte politique national.
Le porte-parole du Gouvernement a rappelé l’appel au dialogue lancé par le président de la République et a invité les différents acteurs politiques à s’inscrire dans cette dynamique plutôt qu’à privilégier des actions susceptibles de perturber le fonctionnement du pays.
Pour lui, la contradiction politique demeure légitime dans une démocratie, mais elle doit pouvoir s’exprimer sans compromettre les intérêts fondamentaux de la République.
« La démocratie nous autorise à nous opposer, mais la patrie nous interdit de nous dissoudre »
C’est finalement autour de cette formule que Patrick Muyaya a résumé la position défendue devant la presse.
« La démocratie nous autorise à nous opposer, mais la patrie nous interdit de nous dissoudre », a-t-il déclaré.
Avant de conclure sur une exigence qu’il présente comme supérieure aux divergences politiques : préserver la nation, les enfants, les policiers et la continuité des activités.
« Au-delà de nos divergences, nous préservons la patrie, nos enfants, nos policiers, les activités. »
À travers cette intervention, le porte-parole du Gouvernement a donc voulu placer le débat sur la Constitution et les mobilisations politiques dans une double exigence : le respect du droit à l’expression d’une part, et la préservation de l’ordre public et des activités essentielles de la nation d’autre part.
Arnold TSHIMANGA

















































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































