Pour le professeur André Mbata Betukumesu Mangu, la démocratie ne peut avoir de sens que si la souveraineté populaire demeure au centre de la décision politique
Le débat politique congolais s’enrichit une nouvelle fois d’une prise de position forte du professeur André Mbata Betukumesu Mangu, constitutionnaliste et figure de premier plan de l’Union Sacrée de la Nation. Fidèle à son approche fondée sur la lecture et l’interprétation de la Constitution, l’universitaire s’est exprimé autour du désormais très commenté « Carton Rouge de Lubumbashi », qu’il présente comme un signal politique adressé à tous ceux qui, selon lui, chercheraient à empêcher le peuple souverain de faire entendre directement sa voix.
Dans une déclaration au ton particulièrement ferme, le professeur Mbata estime que ce « Carton Rouge » constitue avant tout un avertissement aux acteurs politiques, aux chefs spirituels et à leurs alliés qu’il associe à l’AFC/M23 et à « Sauvons le Congo », auxquels il reproche de s’opposer à ce que la parole soit donnée au peuple par la voie du référendum, conformément à l’article 5 de la Constitution.
« Comment peut-on se dire démocrate et refuser la parole au peuple ? »
Au cœur de son argumentaire, André Mbata pose une question qui résume toute sa réflexion : comment revendiquer l’étiquette de démocrate tout en s’opposant, dans le même temps, à l’expression directe du peuple souverain ?
Pour le professeur, cette contradiction mérite d’être interrogée avec sérieux. Dans sa conception de la démocratie, les partis politiques, leurs dirigeants et les différentes forces organisées de la société ne sauraient se substituer au peuple.
Son message est donc sans ambiguïté : la souveraineté appartient au peuple, et celui-ci doit conserver la possibilité de s’exprimer dans le cadre prévu par la Constitution.
Contre la « particratie », pour une démocratie populaire
L’une des principales idées développées par le professeur Mbata concerne la différence fondamentale entre démocratie et « particratie ».
Selon lui, la Constitution congolaise n’a pas institué un système dans lequel les partis politiques ou leurs chefs seraient les véritables détenteurs du pouvoir. Elle consacre plutôt le principe d’un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, reprenant ainsi la célèbre formule d’Abraham Lincoln.
Cette distinction est, à ses yeux, essentielle dans le contexte politique actuel. Les partis ont leur rôle dans la démocratie, mais ils ne peuvent devenir une fin en soi. Le peuple demeure la source de la légitimité politique.
C’est dans cette perspective qu’André Mbata invite à revisiter les réflexions du constitutionnaliste français Maurice Duverger, notamment son ouvrage La démocratie sans le peuple, publié à Paris aux Éditions du Seuil en 1967. Une référence qui permet, selon lui, de réfléchir aux dérives possibles d’un système politique dans lequel les structures partisanes finiraient par prendre le pas sur la volonté populaire.
L’Union Sacrée revendique la défense de la souveraineté populaire
Au-delà de la réflexion constitutionnelle, la déclaration du professeur Mbata prend également une dimension politique. Il affirme que l’Union Sacrée de la Nation s’opposera à toute forme de particratie afin de défendre le gouvernement du peuple.
Cette prise de position intervient ainsi dans un contexte où les débats sur les institutions, la Constitution et les mécanismes d’expression de la souveraineté populaire occupent une place importante dans la vie politique congolaise.
Avec son ton de constitutionnaliste et son vocabulaire particulièrement tranchant, André Mbata entend ramener le débat à ce qu’il considère comme son fondement essentiel : le peuple.
Le peuple comme arbitre ultime
Derrière le symbole du « Carton Rouge de Lubumbashi », c’est donc une conception de la démocratie que le professeur André Mbata défend. Une démocratie dans laquelle les institutions et les acteurs politiques doivent, en dernier ressort, rester au service des citoyens.
Son message peut ainsi se résumer en une conviction : aucune démocratie ne peut durablement se construire en marginalisant le peuple qui en constitue la source.
Pour André Mbata, le véritable enjeu n’est donc pas de savoir quelle formation politique aura le dernier mot, mais de garantir que la voix du peuple souverain puisse être entendue et respectée dans le strict respect du cadre constitutionnel.
À Lubumbashi comme à Kinshasa, le « Carton Rouge » devient ainsi, dans son analyse, bien plus qu’un simple slogan politique : il se veut un rappel à l’ordre démocratique et une invitation à replacer le peuple au centre du jeu institutionnel.
Arnold TSHIMANGA

















































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































