KINSHASA, 31 août 2026 — À travers sa 37e tribune, le Vice-Premier Ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito Fumutsi, livre une réflexion de haute portée politique, économique et stratégique sur l’avenir de la République démocratique du Congo. Intitulée « RDC, le triple objectif du Dialogue national », cette nouvelle tribune dessine les contours d’un véritable projet de société pour une nation appelée à se doter d’institutions plus solides, d’une économie puissante et d’une capacité de défense crédible.

Dans cette vision, le Dialogue national ne doit nullement devenir un simple cadre de négociation ou de partage des responsabilités. Il doit plutôt, selon Adolphe Muzito, constituer un moment historique de fondation, de construction et de mobilisation nationale, autour de trois impératifs majeurs : doter la RDC d’une Constitution définitive, construire une économie puissante grâce aux infrastructures et renforcer la capacité de défense du pays.

Une ambition nationale portée par une vision structurée

Pour Adolphe Muzito, la RDC se trouve aujourd’hui à un tournant décisif de son histoire. Le pays doit simultanément répondre à la question institutionnelle, combler son immense retard infrastructurel et préserver son unité ainsi que son intégrité territoriale.

Cette 37e tribune s’inscrit dans la continuité de la réflexion économique développée dans sa précédente publication, au cours de laquelle le Vice-Premier Ministre avait fixé une ambition particulièrement élevée : porter le Produit intérieur brut de la RDC à environ 215 milliards de dollars américains à l’horizon 2035, avec l’objectif de faire du pays la troisième puissance économique d’Afrique subsaharienne, derrière l’Afrique du Sud et le Nigeria.

Dans le même temps, les ressources budgétaires propres pourraient passer d’environ 15,2 milliards de dollars en 2026 à près de 40 milliards de dollars en 2035, grâce notamment à une pression fiscale mieux structurée et à une politique économique orientée vers la transformation des immenses potentialités nationales.

À travers ces projections, Adolphe Muzito apparaît plus que jamais comme l’un des principaux artisans d’une réflexion économique ambitieuse au sein des institutions de la République. Son approche repose sur une conviction forte : les immenses richesses de la RDC ne doivent plus seulement être exploitées, elles doivent être transformées en puissance économique, en infrastructures, en emplois et en prospérité pour la population.

Une Constitution définitive pour corriger le « péché originel »

Le premier pilier du projet défendu par le ministre du Budget concerne l’adoption d’une Constitution définitive et légitime, véritable pacte entre l’État et le peuple.

Adolphe Muzito estime que l’histoire constitutionnelle du Congo a été marquée par différentes périodes de transition, de crises politiques, de sécessions, de coups d’État et de compromis issus des circonstances historiques. Pour lui, il est temps d’engager un processus transparent, inclusif et souverain afin de permettre au peuple congolais de devenir pleinement l’auteur de son pacte fondamental.

Sous l’impulsion du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Dialogue national pourrait ainsi ouvrir la voie à une nouvelle architecture institutionnelle davantage adaptée aux défis contemporains du pays.

Cette Constitution devrait notamment permettre de mieux protéger l’unité et l’intégrité territoriale, de stabiliser les institutions, de clarifier les compétences et les finances entre les différents niveaux de pouvoir, de renforcer la protection des ressources naturelles et d’améliorer le contrôle démocratique et financier.

Pour Muzito, la cohésion nationale ne signifie pas la disparition de l’opposition. Au contraire, il plaide pour un pluralisme politique responsable, dans lequel majorité, opposition et forces sociales demeurent attachées à l’intérêt supérieur de la Nation.

Faire de la RDC une grande puissance économique au cœur de l’Afrique

Le deuxième grand axe de la tribune porte sur la construction du pays. Et sur ce terrain, Adolphe Muzito affiche une ambition claire : faire de la RDC une puissance économique majeure au cœur de l’Afrique.

Le VPM du Budget rappelle l’évolution significative des ressources budgétaires propres du pays sous le leadership du Président Félix Tshisekedi, passées d’environ 4 milliards de dollars en 2019 à près de 15,2 milliards de dollars en 2026.

Mais pour le ministre du Budget, ce progrès doit maintenant servir de tremplin à une nouvelle étape : transformer les recettes et les ressources naturelles en infrastructures structurantes et en capital productif.

Routes, chemins de fer, énergie, ports, aéroports, infrastructures numériques, adduction d’eau, santé, éducation, agriculture, industrialisation et défense : la vision d’Adolphe Muzito embrasse l’ensemble des secteurs indispensables à la transformation profonde du pays.

Sa réflexion sur le financement de cette transformation est tout aussi ambitieuse. Le Vice-Premier Ministre évoque plusieurs instruments : une dette extérieure orientée exclusivement vers la construction et les projets productifs, les partenariats public-privé, la création d’un fonds souverain ainsi que la mobilisation des investissements internationaux.

Dans cette logique, la dette ne doit pas financer la consommation, mais la construction.

C’est l’un des messages forts de cette tribune : chaque dollar emprunté devrait contribuer à créer une infrastructure, une activité productive, de l’emploi ou une richesse durable.

Des ambitions économiques fondées sur des ressources considérables

Adolphe Muzito souligne également l’importance des réserves minières congolaises, évaluées à des milliers de milliards de dollars de potentiel, notamment dans le lithium, le cuivre et d’autres ressources stratégiques.

L’idée est désormais de mieux utiliser cet immense potentiel pour mobiliser des financements et construire le pays.

À travers cette approche, le ministre du Budget défend une véritable vision de souveraineté économique : la RDC doit passer d’une économie reposant essentiellement sur l’exploitation de ses matières premières à une économie capable de transformer ses ressources en infrastructures, en industries et en puissance financière.

L’ambition est considérable, mais elle correspond aux dimensions du Congo et à son potentiel exceptionnel.

Une défense nationale crédible pour protéger la patrie

Le troisième pilier de la réflexion développée par Adolphe Muzito concerne la sécurité et le renforcement de la capacité défensive de la République.

Pour le Vice-Premier Ministre, un État incapable de défendre son territoire ne peut durablement protéger ses richesses ni financer son développement.

L’augmentation progressive des ressources budgétaires doit donc également permettre une montée en puissance des Forces armées de la République démocratique du Congo.

Adolphe Muzito préconise notamment une réforme profonde fondée sur une doctrine nationale de défense, un commandement unifié, la modernisation du renseignement, la sécurisation des frontières, le développement de la cybersécurité, des drones et des communications.

Il insiste également sur la nécessité d’une logistique militaire nationale, d’une industrie de défense progressive, d’une meilleure préparation des réserves ainsi que sur l’amélioration des conditions sociales des militaires.

Une attention particulière est aussi accordée à la solde, au logement, à la santé et à la protection sociale des hommes et des femmes qui assurent la défense de la Nation.

Pour autant, cette ambition militaire ne poursuit aucun objectif expansionniste. La RDC, rappelle Muzito, ne revendique aucun territoire étranger. Sa puissance militaire doit servir à dissuader les agressions, protéger ses frontières, sécuriser ses échanges et contribuer à la paix en Afrique.

Le Dialogue national comme moment de rassemblement historique

Face aux défis actuels, le VPM du Budget appelle à un dépassement des clivages politiques.

Majorité, opposition, forces sociales, provinces, diaspora et communautés affectées doivent, selon lui, se retrouver autour du Chef de l’État pour défendre l’intégrité territoriale de la République.

Adolphe Muzito s’appuie notamment sur plusieurs exemples historiques de rassemblement national en période de crise, rappelant que le pluralisme politique peut parfaitement s’exercer dans une logique d’unité nationale lorsque l’existence même de la Nation est menacée.

Le Dialogue national devrait ainsi déboucher sur des engagements concrets : un pacte républicain de défense de l’intégrité territoriale, une feuille de route consensuelle pour une Constitution définitive, un Plan national de construction 2026-2035, une politique fiscale ambitieuse, une réforme du financement des FARDC ainsi que le respect des lois relatives au financement des partis politiques et au statut de l’opposition.

Adolphe Muzito dessine le Congo de 2035

À travers cette 37e tribune, Adolphe Muzito ne se limite pas à commenter l’actualité politique. Il propose une véritable projection sur l’avenir de la République démocratique du Congo.

Son ambition repose sur une équation simple mais puissante : une Constitution légitime pour fonder la République, une économie forte et des infrastructures pour construire la Nation, une armée crédible pour défendre la patrie.

Cette vision place le Dialogue national au cœur d’un processus de refondation plutôt qu’au centre d’une simple discussion politique.

« Notre génération doit transmettre aux prochaines une Constitution définitive et légitime, un pays construit et doté des infrastructures structurantes ainsi qu’une Nation capable de se défendre », soutient le Vice-Premier Ministre.

En définitive, la 37e tribune d’Adolphe Muzito confirme la constance d’un homme politique et d’État qui veut inscrire la RDC dans une perspective de long terme. À l’heure où le pays fait face à des défis politiques, économiques et sécuritaires majeurs, le VPM du Budget propose une vision structurée autour d’un horizon précis : faire de la RDC une puissance politique, économique et militaire de paix au cœur de l’Afrique.

Avec cette nouvelle réflexion, Adolphe Muzito rappelle qu’au-delà des urgences du moment, le Congo a besoin d’une ambition nationale, d’une stratégie de long terme et d’un leadership capable de penser la République sur plusieurs générations.

Arnold TSHIMANGA

Laisser un commentaire