Pacification, retour de l’administration et reprise de la vie socio-économique : Kinshasa veut désormais transformer les avancées sécuritaires enregistrées dans le Grand Bandundu en une stabilisation durable.

La reconquête de la paix dans le Grand Bandundu franchit une nouvelle étape. Après plusieurs années marquées par l’insécurité et les violences liées notamment au phénomène Mobondo, le Gouvernement de la République démocratique du Congo affirme avoir réalisé des avancées significatives sur le terrain. À ce jour, 72 villages ont été pacifiés, ouvrant progressivement la voie au rétablissement de l’autorité de l’État et au retour des services publics dans les zones concernées.

L’évolution de la situation sécuritaire a été au cœur d’un briefing presse organisé lundi 17 août 2026, à Kinshasa. Face aux professionnels des médias, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, et le vice-ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Eliezer Ntambwe Mposhi, ont présenté les principales avancées enregistrées dans le cadre des opérations de sécurisation conduites dans l’espace du Grand Bandundu.

72 villages pacifiés : une étape décisive

Pour le Gouvernement, le chiffre de 72 villages pacifiés traduit une évolution notable de la situation sur le terrain. L’objectif n’est plus uniquement de neutraliser les poches d’insécurité, mais désormais de consolider les acquis et de permettre à l’administration publique de reprendre pleinement ses fonctions.

Le vice-ministre de la Défense et des Anciens Combattants a tenu à replacer ces opérations dans leur véritable perspective. Selon lui, l’action des forces de défense et de sécurité ne saurait être réduite à une confrontation avec un groupe particulier.

«« Je ne suis pas le ministre des Mobondo… Au total, 72 villages ont été pacifiés. Nous sommes au moment du rétablissement de l’autorité de l’État. Certes, quelques poches d’insécurité existent, mais il n’y a plus de peur que de mal », a déclaré Eliezer Ntambwe Mposhi.»

Une déclaration qui traduit la volonté des autorités de mettre l’accent sur une approche globale : protéger les populations, sécuriser les territoires et restaurer durablement la présence de l’État.

De la pacification à la restauration de l’État

Au-delà des opérations militaires, le Gouvernement entend désormais franchir une nouvelle étape : celle de la normalisation.

La pacification des villages doit ainsi permettre le retour progressif des populations déplacées, la reprise des activités économiques et sociales ainsi que le redéploiement des services de l’État dans les zones qui avaient été affectées par l’insécurité.

Écoles, structures sanitaires, administration territoriale, activités commerciales et autres services publics sont directement concernés par cette perspective. La restauration de l’autorité de l’État apparaît donc comme le prolongement naturel des opérations de sécurisation.

Des poches d’insécurité encore sous surveillance

Les autorités restent toutefois prudentes. Malgré les avancées enregistrées, certaines poches d’insécurité subsistent encore dans plusieurs localités du Grand Bandundu.

Le Gouvernement assure néanmoins que ces situations font l’objet d’une attention particulière et que les opérations se poursuivent afin d’empêcher toute résurgence de la violence.

Cette vigilance vise également à consolider les acquis obtenus dans les 72 villages déjà pacifiés et à éviter que les populations ne retombent dans un cycle de déplacement et d’insécurité.

Le retour à la vie normale en ligne de mire

Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de faire de la pacification un véritable levier de reconstruction locale. Le retour de la sécurité doit permettre aux habitants de reprendre leurs activités, de retrouver leurs moyens de subsistance et de renouer avec une vie communautaire normale.

Le Gouvernement veut ainsi inscrire son action dans une logique de paix durable, où la présence des forces de sécurité s’accompagne du retour effectif de l’administration et des services publics.

Le briefing conduit par Patrick Muyaya et Eliezer Ntambwe Mposhi s’inscrit dans cette dynamique de communication régulière avec l’opinion publique. Il permet également aux autorités de rendre compte de l’évolution de la situation sécuritaire et de réaffirmer leur engagement à poursuivre les efforts de stabilisation.

Avec 72 villages déjà pacifiés, le Grand Bandundu se trouve donc à un tournant : celui du passage progressif des opérations de sécurisation à la consolidation de la paix et au rétablissement effectif de l’autorité de l’État.

Arnold TSHIMANGA

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