Entre consultations officielles et initiatives personnelles, le débat constitutionnel prend une tournure controversée

Le débat autour d’une éventuelle révision ou modification de la Constitution continue d’alimenter les discussions au sein de la classe politique congolaise. Mais au-delà des questions de fond, c’est désormais la méthode employée par certains responsables politiques qui suscite de vives interrogations.

Depuis le début du mois de mai, le Secrétariat permanent de l’Union sacrée de la Nation, dirigé par le professeur André Mbata Betukumesu Mangu, a officiellement lancé des consultations destinées à recueillir les propositions des partis politiques, personnalités et forces sociales concernant une éventuelle réforme constitutionnelle.

Cependant, en parallèle de cette démarche officielle, Augustin Kabuya, secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS, multiplie des rencontres avec des chefs de partis politiques ainsi que plusieurs responsables institutionnels dans le cadre d’une nouvelle plateforme baptisée « C4 ».

Une initiative qui surprend au sein même de la majorité

Cette démarche d’Augustin Kabuya étonne plusieurs observateurs politiques ainsi que certains membres de l’Union sacrée. En tant que secrétaire général du parti présidentiel et membre influent de la majorité au pouvoir, beaucoup estiment qu’il aurait dû être parmi les premiers à transmettre officiellement les propositions de l’UDPS au Secrétariat permanent de l’Union sacrée, structure reconnue pour piloter ce processus.

Au lieu de cela, le patron intérimaire de l’UDPS semble avoir privilégié une voie parallèle, à travers des consultations personnelles et la mise en place de la plateforme « C4 », créant ainsi un climat de confusion politique au sein de la majorité présidentielle.

La question de la charte de l’Union sacrée

Plusieurs voix rappellent également qu’Augustin Kabuya est lui-même membre du présidium de l’Union sacrée de la Nation et signataire de la charte qui régit cette plateforme politique créée par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité d’autorité morale et politique de l’Union sacrée.

Or, selon l’esprit de cette charte, aucun membre ne devrait mettre en place une autre plateforme politique parallèle destinée à soutenir le chef de l’État, tant que l’Union sacrée demeure le cadre officiel voulu par le président de la République lui-même.

Pour certains cadres politiques, la création de la plateforme « C4 » apparaît donc comme une initiative qui pourrait être interprétée comme une entorse aux engagements pris au sein de l’Union sacrée.

« Changer quoi exactement ? »

Au-delà de la forme, plusieurs observateurs s’interrogent également sur le contenu réel de cette campagne autour du changement de la Constitution.

Quels articles souhaite-t-on modifier ?
Quels blocages institutionnels faudrait-il corriger ?
Pourquoi contourner le mécanisme officiel déjà mis en place par l’Union sacrée ?

Des questions qui restent, jusqu’à présent, sans réponses claires.

Un dossier sensible qui exige cohérence et discipline politique

Dans un contexte politique particulièrement sensible, plusieurs analystes appellent les acteurs politiques de la majorité à privilégier la cohésion interne et le respect des structures officielles.

Pour eux, le débat sur la Constitution ne devrait pas devenir un terrain de rivalités politiques ou de démarches parallèles susceptibles d’affaiblir la crédibilité de l’Union sacrée.

Alors que les consultations officielles se poursuivent sous la coordination du Secrétariat permanent dirigé par André Mbata, l’opinion publique attend désormais davantage de clarté sur les objectifs réels de la plateforme « C4 » ainsi que sur sa compatibilité avec la charte de l’Union sacrée de la Nation.

Arnold TSHIMANGA

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