Kinshasa, le 17 novembre 2025 – La République Démocratique du Congo a officiellement pris la présidence de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), à l’issue du IXᵉ Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement tenu à Kinshasa le 15 novembre dernier. Une responsabilité de poids confiée au Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo pour les deux prochaines années, dans un contexte régional marqué par de nombreuses tensions sécuritaires.

C’est dans cette dynamique que le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, et le Ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni Isiloketshi, ont co-animé un Special Briefing Presse au studio Maman Angebi de la RTNC, pour éclairer l’opinion sur les enjeux du sommet et la portée du nouveau rôle de la RDC à la tête de cette organisation régionale.

Un mandat au service de la paix

Floribert Anzuluni a rappelé que cette présidence intervient après un long cycle d’interruption : le dernier sommet remonte à 2020. « Le retour de cette instance marque un moment charnière pour refonder une vision collective de sécurité, de développement et de stabilité régionale », a-t-il expliqué.

La CIRGL, créée par le Pacte du 15 décembre 2006, vise à mettre fin aux conflits récurrents dans la région et à promouvoir une intégration économique durable. À ce jour, douze pays africains en sont membres.

Des engagements clairs et structurants

Les États membres ont renouvelé leur engagement autour de plusieurs protocoles fondamentaux : la non-agression, la démocratie, la bonne gouvernance, la coopération judiciaire, la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, la prévention de la violence sexuelle, la protection des déplacés et bien d’autres.

À cela s’ajoutent cinq programmes prioritaires qui couvrent les domaines de la paix et sécurité, de la gouvernance, du développement économique, de la coopération sociale et environnementale, ainsi que de la promotion du genre.

Rwanda pointé du doigt, la RDC soutenue

Fait marquant de ce sommet : la Déclaration de Kinshasa, document final adopté par les États présents, qui dénonce ouvertement l’agression du territoire congolais par un pays membre. « Nous appelons au retrait sans délai des troupes du pays agresseur du territoire congolais », peut-on lire dans la déclaration, en référence claire au Rwanda, reconnu de manière explicite comme agresseur par la CIRGL — une première dans l’histoire de l’organisation.

Un leadership congolais salué

La désignation du Président Tshisekedi à la présidence de la CIRGL est perçue comme un signe de confiance des autres États membres envers le leadership congolais. Quant au ministre Floribert Anzuluni, il a été porté à la tête du Comité interministériel régional pour coordonner la mise en œuvre des orientations du sommet.

Enfin, l’organisation a officiellement invité le Rwanda à ce sommet, par les voies diplomatiques, malgré le climat tendu, témoignant de la volonté de la RDC de privilégier le dialogue dans le respect des engagements multilatéraux.

Arnold TSHIMANGA

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