Dans un climat marqué par des réactions partagées autour de l’accord de principes signé entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda à Washington, l’ancien Premier ministre congolais Adolphe Muzito a livré son analyse au cours d’une interview accordée au média 7sur7.cd. Connu pour ses positions tranchées sur la souveraineté nationale, l’opposant congolais a cette fois appelé à la pondération et à la précision, soulignant qu’il n’y a pas lieu de céder à la panique.
Un partenariat, pas une cogestion des ressources
L’une des principales inquiétudes exprimées dans l’opinion congolaise porte sur une supposée cogestion des ressources naturelles de la RDC avec le Rwanda. Adolphe Muzito réfute cette interprétation en rappelant qu’il s’agit d’un partenariat économique, dans lequel chaque partie apporte ses ressources : la RDC, ses matières premières ; le Rwanda ou ses partenaires, des capitaux.
« Si le Congo apporte dans ce partenariat les ressources, le Rwanda devra apporter des capitaux et chacun tirera le bénéfice de ce partenariat selon ce qu’il aura misé. C’est exactement ce que nous faisons déjà avec d’autres pays, dans le Katanga par exemple », a-t-il expliqué.
Ce modèle, selon Muzito, n’a rien de nouveau : il s’inscrit dans la continuité des mécanismes de coopération économique déjà en cours dans d’autres provinces minières de la RDC.
La nécessité de clarifier les modalités de mise en œuvre
Tout en reconnaissant la logique économique de l’accord, l’ancien Premier ministre insiste sur l’importance de la transparence et de la définition claire du cadre d’exécution. Il s’interroge notamment sur l’acteur rwandais qui portera le partenariat : l’État rwandais lui-même, des entreprises publiques ou le secteur privé ?
« Il faudra juste attendre de voir, dans l’application, comment cela va s’organiser… Ce sont là des éléments qu’il faudra préciser au moment de signer l’accord, puisque jusqu’ici on ne parle que des principes », souligne-t-il.
Un cadre régional d’intégration économique
Pour rappel, le troisième point de la Déclaration de principes mentionne que les deux pays s’engagent à œuvrer dans le cadre d’une intégration économique régionale, en collaboration avec des structures telles que la CIRGL, la COMESA et l’EAC. L’objectif étant de renforcer la transparence, d’attirer l’investissement étranger et de tirer une prospérité mutuelle des minerais critiques de la région.
Face à ce débat complexe, Adolphe Muzito appelle à une lecture lucide de l’accord, plaidant pour une vigilance responsable, plutôt qu’une opposition systématique à toute forme de coopération régionale.
Arnold TSHIMANGA






























































































































































































































































































































































































































































































































































































