Desserte électrique, indisponibilité du G25, délestages pouvant atteindre 16 heures et nouvelles capacités de production : le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, a détaillé les difficultés qui affectent l’alimentation électrique de la capitale et les mesures envisagées pour y remédier.

La desserte électrique de Kinshasa et les difficultés liées à la baisse de la puissance injectée dans le réseau ont été au centre du briefing presse organisé le jeudi 1er octobre 2026 au Studio Maman Angebi de la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC). Cette rencontre a été coanimée par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), Teddy Lwamba.

Face aux préoccupations liées aux perturbations de la fourniture du courant dans la capitale, le patron de la SNEL a apporté des précisions sur l’évolution de la puissance disponible, les raisons de sa diminution et les perspectives envisagées pour renforcer la production.

700 mégawatts au pic, contre 390 à 450 actuellement

Dans son intervention, Teddy Lwamba a rappelé que Kinshasa avait enregistré un pic de puissance injectée de 700 mégawatts entre le 11 juin et le 15 juillet 2026. Une performance qui contraste avec la situation actuelle, caractérisée par une puissance disponible oscillant entre 390 et 450 mégawatts.

Selon le directeur général de la SNEL, cette diminution s’explique notamment par certaines indisponibilités dans les installations de production, dont le retrait du G25, une unité mise en service en novembre 2025 et disposant d’une capacité de 193 mégawatts.

Cette unité a été retirée du réseau pour des raisons de contrôle technique, une situation qui contribue à réduire les capacités actuellement mobilisables pour alimenter Kinshasa.

Une demande qui dépasse les capacités actuellement disponibles

L’autre élément majeur évoqué par Teddy Lwamba concerne le niveau de consommation électrique de la capitale. En période de pointe, les besoins de Kinshasa peuvent atteindre environ 620 mégawatts, avec des pics pouvant aller jusqu’à 700 mégawatts.

Ce décalage entre la puissance disponible et la demande explique les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux ménages et opérateurs économiques.

Pour gérer cette insuffisance, la SNEL a recours à un système de rotation de la fourniture électrique dans les différentes zones de la capitale. Une organisation qui se traduit par des délestages particulièrement longs, pouvant atteindre 16 heures sur 24 dans certaines zones.

Cette situation met en évidence l’ampleur du défi auquel est confrontée l’entreprise publique pour assurer une desserte régulière, dans une ville où les besoins en électricité restent importants.

Des centrales flottantes annoncées pour renforcer la desserte

Au-delà du diagnostic, le directeur général de la SNEL a également présenté des pistes de solutions d’urgence destinées à renforcer les capacités de production et à améliorer progressivement la fourniture d’électricité.

Parmi les mesures évoquées figure le recours aux centrales flottantes, dans le cadre d’un partenariat avec Karpowership. Une première capacité de 134 mégawatts est notamment annoncée à Matadi, avec un déploiement prévu en moins d’un mois, selon les indications de Teddy Lwamba.

Cette initiative s’inscrit dans la recherche de capacités additionnelles susceptibles de contribuer à la réponse aux besoins énergétiques, alors que Kinshasa continue de faire face à un déficit entre l’offre disponible et la demande en période de pointe.

Un défi majeur pour la SNEL

À travers ce briefing presse, coanimé avec Patrick Muyaya, Teddy Lwamba a exposé les principaux facteurs qui pèsent actuellement sur la desserte électrique de Kinshasa, tout en évoquant les mesures envisagées pour renforcer l’offre.

Entre les indisponibilités techniques, la hausse des besoins en période de pointe et les longues rotations de délestage, la situation reste marquée par un déséquilibre important entre production et consommation.

L’arrivée annoncée de nouvelles capacités, notamment à travers le partenariat avec Karpowership, constitue ainsi l’une des pistes présentées par la SNEL pour atténuer les difficultés d’approvisionnement. La mise en service effective de ces installations et leur contribution à la desserte seront des éléments déterminants pour apprécier les effets de ces mesures sur l’alimentation électrique de la capitale.

Arnold TSHIMANGA

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