Kinshasa, la mégapole congolaise, a une nouvelle fois été le théâtre d’un épisode pluvieux aux conséquences dramatiques. Ce mardi 18 novembre, entre 16h et 18h passées, une forte pluie s’est abattue sur la capitale, transformant en quelques minutes plusieurs quartiers en véritables marécages. Routes impraticables, avenues inondées, habitations submergées, commerces paralysés : le quotidien des Kinois s’est retrouvé sens dessus dessous.
Parmi les lieux les plus touchés, le Centre culturel français (CCF) a été contraint de fermer temporairement ses portes. Dans un communiqué urgent publié peu après l’averse, la direction du CCF a annoncé que les activités prévues dans ses locaux étaient suspendues jusqu’à nouvel ordre, en raison des inondations sévères ayant frappé son site.
Sur les réseaux sociaux, notamment dans plusieurs groupes WhatsApp, les messages de colère et d’indignation ne cessent de circuler. Citoyens frustrés, vidéos de rues transformées en rivières, images de véhicules engloutis par les eaux : la toile congolaise s’est embrasée. Beaucoup pointent du doigt l’incompétence des autorités urbaines et même du gouvernement central, jugés absents ou déconnectés face à cette crise récurrente.
Mais au-delà de cette critique — légitime — à l’égard des dirigeants, une autre question plus dérangeante émerge : et nous, les habitants, sommes-nous à la hauteur de nos responsabilités Gérons-nous convenablement nos déchets ? Nettoyons-nous régulièrement nos caniveaux ? Sommes-nous conscients que le plastique que nous jetons aujourd’hui dans la rue bouchera demain une canalisation et provoquera une inondation dans notre propre quartier ?
La mauvaise gestion des déchets ménagers, l’urbanisation anarchique, les constructions sur les zones non viabilisées et l’absence de planification rigoureuse des infrastructures hydrauliques rendent chaque averse potentiellement catastrophique. À Kinshasa, il ne pleut pas seulement de l’eau. Il pleut des conséquences de notre négligence collective.
Face à cette situation, il devient urgent de repenser notre rapport à la ville. Les autorités doivent renforcer les infrastructures, curer régulièrement les caniveaux, imposer un plan de construction clair et surveiller son application. Mais la population doit aussi faire preuve de civisme : éviter de jeter les déchets dans les rues, protéger les canalisations, entretenir les parcelles. L’entretien d’une ville est un contrat social où chaque acteur a un rôle précis à jouer.
Ce mardi, Kinshasa a encore souffert. Mais la vraie question est : souffrons-nous d’un manque de pluie ou d’un manque de conscience collective ?
Arnold TSHIMANGA























































































































































