La RVA SA sort du silence et recadre Finance-entreprises.com : « Les responsabilités ne s’établissent ni sur les réseaux sociaux ni dans les colonnes de la presse »
La Régie des Voies Aériennes SA (RVA SA) a décidé de briser le silence. Au lendemain de la publication, le 2 octobre 2026, par Finance-entreprises.com, d’un article intitulé « Enquête – Drame de Kenge : Révélations sur l’abandon du site et l’incurie de la RVA SA derrière le crash », la Direction Générale de la RVA oppose un droit de réponse ferme, documenté et sans ambiguïté.
À travers cette mise au point, la RVA SA rejette vigoureusement ce qu’elle considère comme un texte à charge, construit, selon elle, autour d’allégations non démontrées et d’interprétations unilatérales des faits. Une réaction qui intervient alors que le drame de Kenge, survenu le 25 septembre 2026, continue de susciter émotion et interrogations.
Au cœur de cette séquence se trouvent également le Directeur Général Louis-Blaise Londole Lokoy et le Directeur Général Adjoint Vincent Futa Tshibamba, dont la responsabilité institutionnelle se retrouve indirectement mise en cause à travers les accusations portées contre la RVA SA.
La RVA s’incline devant les victimes, mais refuse le « verdict médiatique »
Dès l’entame de son droit de réponse, la RVA SA tient à rappeler qu’elle s’incline devant la mémoire des victimes et exprime sa compassion aux familles endeuillées.
Mais cette compassion ne signifie pas, pour la Régie, qu’elle doit accepter que son établissement soit désigné comme responsable du drame avant même l’aboutissement des enquêtes compétentes.
C’est là tout le sens de sa réaction.
La RVA SA estime que l’article de Finance-entreprises.com présente comme acquises des conclusions qui, à ce stade, devraient encore relever de l’investigation et de la vérification.
Une question fondamentale est ainsi posée : peut-on attribuer une responsabilité dans un accident aérien avant que les enquêtes techniques et administratives aient établi les circonstances exactes du drame ?
Pour la RVA, la réponse est clairement négative.
« L’incurie » : une accusation lourde que la RVA SA conteste
L’un des principaux griefs formulés par la Régie concerne le lien établi dans l’article entre l’absence d’une piste opérationnelle à Kenge et le crash.
Selon la RVA SA, présenter cette absence comme la conséquence directe d’une prétendue « incurie » de la Régie constitue une conclusion qui n’est accompagnée d’aucune démonstration établissant un véritable lien de causalité.
Autrement dit, la RVA refuse qu’une situation infrastructurelle soit automatiquement transformée en preuve d’une responsabilité dans l’accident.
La Direction Générale rappelle que les circonstances d’un crash aérien doivent être établies par les instances compétentes et non par des conclusions anticipées dans la presse.
Kingulu : une validation de site ne signifie pas un aérodrome immédiatement opérationnel
C’est également sur la question du site de Kingulu que la RVA SA entend rétablir ce qu’elle considère comme une confusion majeure.
La Régie souligne qu’identifier ou valider un site ne signifie pas disposer immédiatement d’un aérodrome fonctionnel.
Entre les deux, plusieurs étapes sont nécessaires : études techniques, financement, procédures foncières, autorisations réglementaires, mobilisation des ressources et réalisation des travaux.
Autant d’éléments qui impliquent, selon la RVA SA, plusieurs institutions de l’État et ne peuvent être réduits à la seule volonté de la Régie.
Cette précision est centrale dans la réponse de la Direction Générale : faire croire qu’un site simplement identifié ou validé pouvait automatiquement devenir une piste opérationnelle revient, selon elle, à simplifier à l’extrême un dossier d’infrastructure aéronautique beaucoup plus complexe.
La RVA réfute catégoriquement l’idée d’un « abandon »
Face à l’accusation selon laquelle elle aurait volontairement abandonné le dossier de Kenge, la RVA SA oppose un démenti catégorique.
La Régie rappelle que le développement d’une infrastructure aéroportuaire ne dépend pas d’un seul acteur.
Financement, études, procédures administratives, questions foncières, autorisations et mobilisation des ressources sont autant de paramètres qui entrent dans la réalisation d’un tel projet.
Dès lors, attribuer automatiquement à la RVA SA l’intégralité de la responsabilité d’un processus impliquant plusieurs acteurs publics serait, selon la Direction Générale, une lecture réductrice du dossier.
« Juge et partie » : la RVA dénonce un verdict avant les conclusions des enquêtes
La réaction de la RVA devient particulièrement ferme lorsqu’elle évoque la manière dont le dossier a été traité dans l’article.
La Régie estime que ses auteurs se seraient érigés en « juge et partie », en avançant un verdict avant même que les autorités compétentes n’aient déterminé les circonstances exactes du crash.
Pour la RVA SA, une démarche journalistique équilibrée aurait dû intégrer la position officielle de l’institution avant de conclure à une faute institutionnelle prétendument établie.
Cette position place le débat sur le terrain de la méthode journalistique : informer, enquêter et questionner, oui ; transformer des hypothèses en vérités définitives avant la fin des enquêtes, non.
Réserves foncières : la RVA refuse l’accusation de « fabrication de boucs émissaires »
Autre point fermement contesté : l’accusation selon laquelle la RVA chercherait à fabriquer des « boucs émissaires » en évoquant la problématique des réserves foncières.
La Régie rejette cette lecture.
Elle affirme que la préservation des réserves foncières destinées aux infrastructures aéronautiques constitue une problématique réelle à travers le pays et qu’évoquer cette question ne saurait être considéré comme une tentative de diversion.
Pour la RVA, il s’agit d’une réalité à laquelle sont confrontés plusieurs projets d’intérêt public.
Dans le deuil, la RVA appelle à éviter la polémique
Au-delà de la bataille de versions, la Direction Générale de la RVA SA invite à replacer le débat dans son contexte : celui d’un drame humain.
Elle regrette que, dans un contexte de deuil national, la polémique puisse prendre le dessus sur la recherche rigoureuse de la vérité.
Les termes « abandon », « inertie » et « incurie », employés dans l’article de Finance-entreprises com, sont explicitement rejetés par la Régie, qui considère qu’ils ne peuvent en aucun cas se substituer aux conclusions officielles des enquêtes.
Louis-Blaise Londole Lokoy et Vincent Futa Tshibamba : la responsabilité ne peut être décrétée
À travers ce droit de réponse, la Direction Générale de la RVA défend ainsi non seulement l’institution, mais également la nécessité de ne pas transformer la responsabilité administrative en culpabilité personnelle sans démonstration.
Louis-Blaise Londole Lokoy et Vincent Futa Tshibamba, respectivement Directeur Général et Directeur Général Adjoint, se retrouvent au centre d’un débat qui dépasse leurs personnes et touche à la gestion d’une institution stratégique du secteur aérien.
Mais pour la RVA, aucune conclusion définitive ne peut être tirée avant l’établissement des faits.
La position de la Régie est claire : les responsabilités doivent être établies sur la base de faits vérifiés, de documents authentifiés et des conclusions des enquêtes régulièrement menées.
La vérité avant le procès médiatique
En définitive, le droit de réponse de la RVA SA constitue une mise au point particulièrement ferme : la Régie ne refuse ni l’enquête, ni la transparence, ni la recherche des responsabilités.
Elle refuse en revanche que le débat public se transforme en procès médiatique avant que les instances compétentes n’aient établi les faits.
La Direction Générale réaffirme d’ailleurs sa disponibilité à collaborer avec toutes les instances habilitées afin que toute la lumière soit faite sur le drame de Kenge.
Et c’est peut-être là l’essentiel : les victimes méritent la vérité, les familles méritent des réponses et les institutions comme leurs dirigeants méritent que les accusations portées contre eux reposent sur des faits établis.
À Kenge, la vérité devra donc sortir des enquêtes. Pas des raccourcis. Pas des suppositions. Et surtout pas d’un verdict médiatique rendu avant l’heure.
Arnold TSHIMANGA





































































































































































































































































