2 août — Kinshasa — En ce jour de commémoration du début de la deuxième guerre du Congo, je souhaite adresser un message de solidarité à toutes les victimes, aux communautés martyrisées de notre pays, et à tous ceux qui refusent que l’histoire sombre de la RDC se répète.

Il y a trente ans, notre nation a été plongée dans un conflit sanglant, le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, cette guerre continue de déchirer nos terres, alimentée par des intérêts étrangers, des manipulations politiques et une course effrénée à l’exploitation de nos ressources naturelles. La résurgence du M23, contrôlé par l’armée rwandaise, n’est pas une simple question de sécurité : c’est une stratégie claire d’accaparement de nos richesses, sacrifiant l’avenir de notre peuple pour des gains économiques.

Malgré cette réalité, nos dirigeants poursuivent des accords précipités et opaques, qui légitiment l’occupation étrangère et sacrifient notre souveraineté. La présence de sociétés étrangères, notamment chinoises, dans nos zones minières, symbolise cette nouvelle forme de colonialisme néocolonial, qui ne profite qu’à une minorité, tout en condamnant notre peuple à la pauvreté et à la violence.

En tant que Congolais, en tant que survivant de cette guerre, je vous appelle à ne pas désespérer. La justice doit être notre combat prioritaire. La RDC mérite un Tribunal Pénal International dédié, pour que ceux qui alimentent cette guerre soient poursuivis et punis. Nous devons aussi exiger des sanctions internationales contre les acteurs de cette déstabilisation, et faire respecter la résolution 2773 du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Ce 2 août, nous devons aussi réfléchir à l’enjeu de la balkanisation programmée de notre pays. La militarisation et la mise en place d’administrations parallèles dans nos zones minières sont des étapes vers la fragmentation de la RDC. Nous devons nous lever contre cette stratégie de division, qui menace l’intégrité de notre nation.

Aujourd’hui, à l’occasion de la journée du #GENOCOST — ce « génocide pour des gains économiques » — je réaffirme que la justice pour les millions de victimes congolaises n’est pas négociable. La paix durable ne peut s’établir sans la reconnaissance des droits, sans justice, et sans le respect de notre souveraineté.

Je suis encouragé par les commémorations qui ont lieu à Kinshasa, dans nos villes, dans le monde entier. Mais je sais que personne ne viendra sauver le Congo à notre place. C’est à nous, Congolais, de nous réveiller, de faire preuve de vigilance, de conscience et de détermination pour écrire une nouvelle page dans l’histoire de notre pays.

Nous méritons la paix. Nous méritons la justice.

Arnold TSHIMANGA

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