Kinshasa, 23 juillet 2025 — Lors d’une conférence à l’Université de Kinshasa, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a lancé un appel vibrant à la jeunesse congolaise pour qu’elle devienne l’acteur central du processus de pacification du pays. Avec un message clair : « La paix ne peut être durable si la jeunesse ne s’approprie pas l’histoire et ne participe pas à l’écriture du présent. »

Face à un auditoire composé de professeurs, de membres du corps académique et d’étudiants, Muyaya a insisté sur l’urgence de comprendre les enjeux géopolitiques, économiques et historiques qui alimentent l’instabilité en RDC, notamment dans l’Est, théâtre de conflits depuis plus de 20 ans. Il a rappelé qu’un conflit de près de 31 ans continue de meurtrir le pays, et que la solidarité de 1994, lors de l’accueil des réfugiés rwandais après le génocide, a, malheureusement, été à l’origine des drames que la RDC vit encore aujourd’hui.

Le ministre a présenté cinq dates clés dans le processus de paix en RDC :

18 mars 2025 : Rencontre tripartite à Doha entre le Qatar, la RDC et le Rwanda ;
23 avril 2025 : Déclaration RDC – AFC/M23 ;
25 avril 2025 : Déclaration de principes RDC – Rwanda à Washington ;
27 juin 2025 : Signature de l’Accord de paix RDC – Rwanda ;
19 juillet 2025 : Déclaration RDC – AFC/M23.

Il a souligné que la paix ne peut venir que si la jeunesse s’approprie le récit congolais, en déconstruisant les narratifs importés qui peignent le Congo uniquement sous le prisme de la guerre, du chaos ou de la dépendance étrangère. « Cette guerre n’est pas seulement dirigée contre le président Félix Tshisekedi. Elle vise la souveraineté même de la RDC. Elle doit être résolue une fois pour toutes, et cela commence par la conscientisation de notre jeunesse », a-t-il insisté.

L’un des messages clés de Muyaya est l’importance de promouvoir un narratif congolais endogène, positif, ancré dans la résilience, la culture et les réussites locales. Il a rappelé que le récit d’un peuple forge son identité collective, influence ses choix politiques et renforce son unité.

Face aux frustrations exprimées par certains étudiants de l’UNIKIN, notamment leur sentiment d’exclusion dans les processus décisionnels et la marginalisation dans les médias, le ministre a proposé la création de plateformes citoyennes et universitaires. Ces espaces permettront à la jeunesse de produire, diffuser et défendre son propre récit, en partenariat avec les médias publics et privés, mais aussi avec le gouvernement via la radio « Alma Mater » diffusant sur toute l’université.

La rencontre a été marquée par un appel à « comprendre pour agir » : encourager la jeunesse à s’éduquer sur les enjeux régionaux, à déconstruire les fausses informations véhiculées par les réseaux sociaux, et à s’engager activement pour la paix. Muyaya a salué les initiatives étudiantes en faveur du dialogue intercommunautaire, de la médiation sociale et de la justice transitionnelle.

Pour plusieurs intervenants, la paix en RDC ne pourra pas seulement se construire par des traités politiques ou l’intervention étrangère. Elle dépend surtout d’une jeunesse consciente, engagée et fière de son identité congolaise.

Le recteur de l’Université de Kinshasa a salué cette initiative, soulignant que « vous avez choisi de parler au cœur du processus de pacification. Et quel meilleur lieu qu’une université, où bat le cœur de la pensée nationale ? » Il a également insisté sur l’importance du savoir stratégique pour décoder les vérités autour des accords de Doha et du positionnement américain dans la région.

En clôture, Patrick Muyaya a lancé un appel à l’action : « Nous avons besoin d’ambassadeurs de paix dans chaque université, chaque quartier, chaque village. La paix durable ne viendra pas d’ailleurs, elle viendra de notre propre Congo, par sa jeunesse, pour son avenir. »

Ce rendez-vous marque une étape décisive dans la construction d’un Congo fort, uni et pacifié, par une jeunesse consciente et engagée dans la souveraineté narrative et la paix durable.

Arnold TSHIMANGA

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