À Kinshasa, lors des États généraux des postes et télécommunications du mardi 5 mai 2026, un plaidoyer fort pour faire des télécoms un pilier central du développement africain
KINSHASA – Le mardi 5 mai 2026, à l’occasion de la première édition des États généraux du secteur des postes et télécommunications organisés à Kinshasa en présence du président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le responsable de la réglementation d’Airtel Africa, membre du GSMA Global Policy Group, et président du groupe de travail sur les politiques de la GSMA Afrique, Daddy Mukadi, a lancé un appel appuyé aux gouvernements africains pour des réformes fiscales urgentes en faveur de l’inclusion numérique.
Dans un contexte marqué par l’accélération de la transformation digitale du continent, il a exhorté les décideurs publics à reconnaître les télécommunications comme un pilier économique stratégique, et non plus comme un simple secteur d’appui.
« Le secteur des télécommunications ne peut plus être considéré comme un simple secteur de soutien. C’est désormais un secteur clé », a-t-il déclaré, soulignant que les autres secteurs — notamment la sécurité, la finance, les transports et la santé — dépendent désormais structurellement des technologies numériques pour leur croissance et leur fonctionnement.
Les télécommunications, moteur économique déjà évalué à 220 milliards de dollars
Daddy Mukadi a rappelé l’importance croissante du secteur mobile dans l’économie africaine. Selon le rapport Mobile Economy Africa 2025 de la GSMA, les télécommunications mobiles ont généré 220 milliards de dollars en 2024, soit environ 7,7 % du PIB du continent. Les projections estiment que cette contribution pourrait atteindre 270 milliards de dollars d’ici 2030.
Cependant, ce potentiel économique contraste avec une réalité préoccupante : malgré une couverture mobile atteignant 95 % de la population africaine, près de 75 % des Africains restent encore hors ligne.
Ce paradoxe, qualifié de principal défi numérique du continent, est largement attribué au coût élevé des smartphones, mais aussi aux charges fiscales et douanières qui pèsent sur les équipements et infrastructures numériques.
Un appel à des réformes fiscales ciblées et urgentes
Face à cette situation, Daddy Mukadi a proposé une série de mesures concrètes visant à réduire la fracture numérique et à accélérer l’accès aux services digitaux.
Il a notamment recommandé :
une exonération de 2 à 3 ans des droits d’importation et des taxes sur les smartphones d’entrée de gamme, dont les prix se situent entre 40 et 150 dollars américains ;
la suppression des droits d’entrée sur les équipements de télécommunications pendant au moins trois ans, afin de soutenir l’extension des réseaux et des infrastructures numériques.
Selon lui, ces mesures permettraient de réduire significativement le coût d’accès au numérique, d’élargir la base d’utilisateurs et de stimuler l’activité économique numérique.
Une vision d’une Afrique pleinement connectée
Au-delà des aspects fiscaux, Daddy Mukadi a insisté sur la nécessité d’une transformation profonde de la gouvernance numérique en Afrique.
Il a appelé les États à :
repenser les politiques publiques liées au numérique ;
adapter les cadres juridiques et réglementaires aux réalités technologiques actuelles ;
encourager l’innovation et les investissements privés ;
protéger les consommateurs tout en stimulant la concurrence et la croissance.
Il a également insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre gouvernements et secteur privé pour créer un environnement favorable à une transformation digitale durable et inclusive.
« Ces mesures contribueraient à mettre en place une technologie numérique inclusive et durable au service du progrès économique et social. Elles permettraient également d’accélérer la connectivité, d’améliorer l’accès et de permettre à davantage de personnes, d’entreprises et de communautés de s’intégrer à l’économie numérique », a-t-il affirmé.
Les États généraux, un cadre stratégique pour la RDC numérique
Cette première édition des États généraux du secteur des postes et télécommunications s’inscrit dans une dynamique nationale visant à élaborer une feuille de route stratégique pour le développement du secteur numérique et des télécommunications en République démocratique du Congo.
L’événement a réuni des décideurs politiques, des régulateurs, des opérateurs télécoms et des experts du numérique autour des enjeux de transformation digitale du pays et du continent.
Airtel Africa : un acteur majeur de la connectivité en Afrique
Airtel Africa est l’un des principaux fournisseurs de services de télécommunications et de paiement mobile en Afrique subsaharienne, présent dans 14 pays.
Le groupe dessert plus de 173,8 millions de clients à travers des services de voix, de données mobiles et de mobile money. Sa stratégie repose sur la transformation des vies grâce à l’inclusion numérique et financière, en améliorant l’expérience client et en élargissant l’accès aux services numériques sur le continent.
Informations et contacts
Site officiel : Airtel Africa
LinkedIn : LinkedIn Airtel Africa
Arnold TSHIMANGA













































































































































































































