ÉDUCATION ET SOCIÉTÉ — Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a livré une analyse particulièrement sévère sur l’évolution de l’éducation et des comportements sociaux en République démocratique du Congo. Selon lui, la dégradation du système éducatif, amorcée dans les années 1990 et aggravée pendant les différentes périodes de crise politique, aurait laissé des conséquences profondes sur la jeunesse congolaise.

S’exprimant sur la situation actuelle de la société congolaise, Christian Bosembe estime que les difficultés observées aujourd’hui dans les comportements d’une partie de la jeunesse ne peuvent être dissociées de la dégradation progressive du système éducatif.

«« Tous les spécialistes sont d’accord pour dire que l’éducation a commencé à se détériorer à partir de 1990 », a-t-il déclaré.»

Pour le président du CSAC, cette dégradation se serait davantage accentuée avec l’arrivée de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), période qu’il décrit comme marquée par la destruction de nombreuses structures nationales.

Des conséquences visibles chez les jeunes

Christian Bosembe établit notamment un lien entre cette détérioration de l’éducation et certains comportements observés aujourd’hui dans la société, particulièrement sur les réseaux sociaux.

Il cite notamment les insultes, les dérives sur TikTok ainsi que certains comportements délictueux, en soulignant que leurs auteurs sont souvent de jeunes adultes.

«« Aujourd’hui, les jeunes responsables de vols, d’insultes sur TikTok dans la plupart des cas, ils ont entre 30-35 ans, 20-25 ans, 20-22 ans », affirme-t-il.»

Pour le président du CSAC, ces comportements constituent des « signes cliniques » révélateurs d’une crise plus profonde touchant la formation, les valeurs et la manière de penser d’une partie de la population congolaise.

Une charge directe contre les régimes Kabila

Dans son analyse, Christian Bosembe va jusqu’à mettre directement en cause les dirigeants ayant gouverné le pays durant cette période.

« Ce sont les signes cliniques qui démontrent que ceux qui ont dirigé le pays pendant cette période ont détruit la pensée des Congolais », soutient-il.

Interrogé sur les dirigeants auxquels il fait référence, le président du CSAC cite explicitement Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila.

Cette déclaration constitue ainsi une critique politique particulièrement forte à l’égard des deux anciens chefs de l’État, dont les périodes de pouvoir couvrent une grande partie de la période évoquée par Bosembe.

Le débat sur l’éducation relancé

Au-delà de la dimension politique de ses propos, cette sortie de Christian Bosembe remet au centre du débat national la question de la qualité de l’éducation en RDC et de son influence sur les comportements sociaux.

Entre la fragilisation des structures éducatives, les difficultés économiques, l’essor des réseaux sociaux et la multiplication des contenus jugés problématiques sur certaines plateformes numériques, les autorités sont confrontées à un défi majeur : reconstruire non seulement les infrastructures, mais également les valeurs et les mécanismes de formation qui doivent accompagner la jeunesse congolaise.

À travers ses propos, le président du CSAC appelle implicitement à considérer les dérives observées sur les réseaux sociaux comme le symptôme d’une crise plus ancienne et plus profonde.

Une lecture qui risque toutefois de susciter le débat, notamment sur la responsabilité respective des différents régimes politiques, des familles, du système éducatif, de la société et des plateformes numériques dans la formation des jeunes Congolais.

Arnold TSHIMANGA

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