Kinshasa, 13 août 2026 — Le gouvernement congolais ne compte pas céder aux appels à l’interdiction de TikTok en République démocratique du Congo. Face aux dérives observées sur la plateforme, l’exécutif privilégie plutôt une approche fondée sur la responsabilisation des utilisateurs et l’application de la loi, sans remettre en cause l’existence de TikTok.
La position du gouvernement a été clairement exprimée ce jeudi 13 août 2026 par le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, lors d’un briefing presse coanimé avec la vice-Première ministre, ministre de l’Environnement et Développement durable, Ève Bazaiba, au studio Maman Angebi de la RTNC.
Pas question de sanctionner toute une communauté pour les abus d’une minorité
Patrick Muyaya a rejeté l’idée d’une interdiction générale de TikTok, estimant qu’une telle mesure pénaliserait l’ensemble des utilisateurs, notamment les créateurs de contenus qui utilisent cette plateforme à des fins professionnelles.
«« Fermer TikTok, ce serait pénaliser tous ceux qui l’utilisent intelligemment et gagnent leur vie dignement », a déclaré le porte-parole du gouvernement.»
Pour l’exécutif, la réponse aux dérives constatées sur les réseaux sociaux doit donc cibler les comportements répréhensibles plutôt que l’ensemble de la communauté des utilisateurs.
Cette position intervient alors que TikTok occupe une place croissante dans l’écosystème numérique congolais, notamment auprès des jeunes, des créateurs de contenus, des entrepreneurs et des acteurs culturels.
Cyberharcèlement et injures : le gouvernement hausse le ton
Si le gouvernement refuse de recourir à la censure de la plateforme, il entend néanmoins faire preuve de fermeté face aux abus.
Le ministre de la Communication et Médias a notamment évoqué les cas de cyberharcèlement, d’injures et d’autres comportements répréhensibles en ligne, rappelant que l’espace numérique n’est pas une zone de non-droit.
À l’endroit des auteurs de ces pratiques, Patrick Muyaya a lancé un avertissement sans ambiguïté :
«« La justice finira par les rattraper. »»
Le message du gouvernement est donc double : préserver l’espace numérique et ses opportunités, tout en renforçant la lutte contre les usages susceptibles de porter atteinte aux droits, à la dignité et à la sécurité des citoyens.
Le CSAC saisi par des citoyens
Au cours de ce briefing, Patrick Muyaya a également salué la démarche de citoyens ayant saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) face à certaines dérives observées sur la plateforme.
Cette saisine traduit, selon l’approche gouvernementale exposée lors du briefing, la nécessité d’apporter des réponses institutionnelles aux contenus et comportements problématiques, plutôt que de recourir systématiquement à une interdiction globale.
Le CSAC se retrouve ainsi au cœur de la réflexion sur la régulation des contenus audiovisuels et numériques en RDC, dans un contexte marqué par l’expansion rapide des réseaux sociaux.
Préserver les opportunités sans tolérer les abus
Derrière le débat sur TikTok se pose finalement une question plus large : comment concilier liberté d’expression, développement de l’économie numérique et lutte contre les abus en ligne ?
Pour le gouvernement, la réponse ne passe pas par la fermeture de la plateforme. Il s’agit plutôt de préserver les opportunités offertes aux créateurs et utilisateurs tout en faisant respecter les règles.
TikTok reste ainsi accessible en RDC, mais ses utilisateurs sont appelés à mesurer davantage la portée de leurs publications et de leurs interactions.
Le gouvernement entend donc maintenir une ligne de conduite claire : pas de sanction collective contre les utilisateurs responsables, mais une réponse ferme contre ceux qui transforment les réseaux sociaux en espaces de harcèlement, d’injures et d’abus.
À travers cette position, Kinshasa semble privilégier la régulation et la responsabilisation à la censure, avec un principe désormais clairement affiché : les réseaux sociaux peuvent rester des espaces d’expression et d’opportunités, mais ils ne sauraient devenir des territoires sans loi.
Arnold TSHIMANGA


















































































































































































































































