Kinshasa, 19 novembre 2025 — Le monde entier célèbre ce mardi deux journées internationales d’importance souvent sous-estimée mais ô combien essentielles : la Journée internationale des hommes et la Journée mondiale des toilettes. Si l’une vise à briser les stéréotypes autour de la masculinité et à promouvoir la santé mentale des hommes, l’autre rappelle un droit humain fondamental : l’accès à des installations sanitaires sûres et dignes.

Célébrer l’homme autrement

La Journée internationale des hommes, instaurée depuis 1999, est l’occasion de réfléchir aux défis spécifiques auxquels font face les hommes dans la société moderne : pression sociale, santé mentale négligée, suicides élevés, absence de soutien émotionnel… Cette journée vise à encourager des modèles masculins positifs et à promouvoir l’égalité des sexes dans une approche inclusive.

En RDC, où les rôles genrés restent encore très ancrés, cette journée ouvre un espace de dialogue essentiel. Elle invite à parler de la paternité responsable, du leadership bienveillant, du rejet de la violence, mais aussi du bien-être psychologique des hommes, souvent invisibilisé dans les politiques publiques.

Toilettes, dignité et développement

Dans un contraste saisissant, cette même journée est aussi celle dédiée aux toilettes – oui, les toilettes. Le 19 novembre, c’est aussi la Journée mondiale des toilettes, établie par les Nations Unies pour rappeler que 3,5 milliards de personnes dans le monde vivent sans accès à des services d’assainissement gérés de manière sûre. En RDC, la question est brûlante : beaucoup d’écoles, hôpitaux et ménages n’ont toujours pas accès à des latrines décentes.

L’assainissement, ce n’est pas qu’une question d’hygiène. C’est une question de dignité humaine, de santé publique, de sécurité (notamment pour les femmes et enfants), et même d’environnement. Le manque de toilettes favorise les maladies hydriques, aggrave la pauvreté et compromet la scolarisation des filles.

Une double interpellation

Cette double célébration n’est pas anodine. D’un côté, on appelle à considérer l’homme dans toute sa vulnérabilité ; de l’autre, on exige qu’on reconnaisse le droit de chacun à des conditions sanitaires humaines. Deux combats liés par la nécessité de respecter l’être humain, de le traiter avec dignité, quel que soit son genre ou son statut social.

Alors que la RDC poursuit ses efforts de développement, cette journée doit servir de levier pour inscrire la santé mentale des hommes et l’accès à l’assainissement dans les priorités nationales. C’est aussi un moment pour interpeller la société dans son ensemble : institutions, ONG, communautés, citoyens.

Car une société digne commence par le respect de tous les besoins humains. Et cela passe par des hommes en bonne santé mentale… et des toilettes pour tous.

Arnold TSHIMANGA

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