Le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a confirmé l’arrestation de Fils Mukoko, jeudi 22 octobre 2026, lors d’un briefing de presse animé conjointement avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya. Le gouvernement entend faire respecter la loi face aux discours de haine et aux appels à la violence, sans distinction d’appartenance politique.
Le ton est ferme du côté du gouvernement congolais. Fils Mukoko, directeur général a.i. de la Régie des fourrières et du contrôle technique de Kinshasa (RASKIN), est désormais entre les mains de la justice. En confirmant son arrestation, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a clairement indiqué que les faits qui lui sont reprochés devront être examinés par les instances judiciaires compétentes.
« Il sera jugé », a assuré le ministre, soulignant ainsi la volonté des autorités de donner une suite judiciaire à cette affaire qui suscite de vives réactions dans l’opinion publique.
Guillaume Ngefa : « Les réseaux sociaux ne sont pas un espace de non-droit »
Au cours de ce briefing de presse, Guillaume Ngefa a rappelé que l’incitation à la violence ne saurait être tolérée dans un État qui se veut responsable et attaché au respect de ses lois.
« L’incitation à la violence, un gouvernement responsable ne peut pas l’accepter », a-t-il déclaré, avant de réaffirmer : « Nous sommes un pays responsable. »
Le garde des Sceaux a également mis en garde contre l’utilisation des réseaux sociaux comme vecteurs de haine, de menaces et d’appels à la violence. Pour lui, la liberté d’expression ne saurait justifier des comportements susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ou de tomber sous le coup de la loi.
« C’est l’incitation à la haine sur les réseaux sociaux. Et vous savez exactement notre réponse sur les réseaux sociaux. Ils ne sont pas un espace de non-droit. Les réseaux sociaux ne sont pas un espace d’appel à la haine, à la violence », a-t-il martelé.
Le ministre a insisté sur le principe d’égalité devant la loi, précisant que l’appartenance politique ne constitue pas une protection contre d’éventuelles poursuites judiciaires.
« Ce sont des infractions qui sont prévues par notre législation. Que vous soyez de l’UDPS ou pas, il faut que vous soyez jugé. Et c’est ce que nous sommes en train de faire », a-t-il affirmé.
Des déclarations qui ont déclenché une vague de sanctions
L’arrestation de Fils Mukoko intervient après des déclarations controversées au cours desquelles il aurait notamment appelé à la distribution d’armes à la population et proféré des menaces à l’encontre des Occidentaux présents en République démocratique du Congo.
Ces propos ont provoqué de nombreuses réactions et entraîné une série de mesures politiques, administratives et institutionnelles à son encontre.
Parmi les principales décisions annoncées figurent :
- Le désaveu politique : Augustin Kabuya a pris ses distances avec les déclarations controversées de Fils Mukoko.
- La condamnation du gouvernement : les autorités gouvernementales ont fermement dénoncé ses propos.
- La sanction du CSAC : le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication est également intervenu dans ce dossier.
- La saisine de la justice : Fils Mukoko a été mis à la disposition des instances judiciaires.
- La suspension administrative : le ministre provincial de l’Environnement a pris une mesure de suspension à son encontre.
- La révocation : le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, a décidé de le révoquer de ses fonctions.
La justice face à ses responsabilités
Avec cette arrestation confirmée par Guillaume Ngefa, l’affaire Fils Mukoko franchit une nouvelle étape. Au-delà des controverses politiques, elle remet au centre du débat la responsabilité des personnalités publiques dans leurs prises de parole, particulièrement lorsque celles-ci peuvent être interprétées comme des appels à la violence.
La suite dépendra désormais de la procédure judiciaire et de l’examen des faits reprochés à l’intéressé. La présomption d’innocence demeure applicable jusqu’à ce qu’une décision de justice établisse sa culpabilité.
Le message du ministre de la Justice se veut néanmoins sans ambiguïté : aucune appartenance politique ne saurait placer un citoyen au-dessus de la loi, et les réseaux sociaux ne peuvent servir de refuge aux discours susceptibles de constituer des infractions.
La rédaction





















































































