Kinshasa, août 2025 — Dans une brillante intervention au cours d’une émission télévisée , le Professeur Grâce Muwawa, expert en droit constitutionnel et avocat chevronné, a livré une analyse rigoureuse, nuancée et profondément pédagogique sur la question du statut juridique de l’ancien Président de la République, Joseph Kabila. À travers un exercice intellectuel remarquable, le Professeur a su démystifier une question sensible, mêlant droit constitutionnel, légistique et enjeux politico-judiciaires.
Une réponse de fond à une controverse juridique
Réagissant à une question du journaliste sur la compétence de la justice à juger un ancien chef de l’État devenu sénateur à vie, le Professeur Muwawa a affirmé qu’« il n’existe pas, en droit congolais, un statut constitutionnel des anciens présidents de la République ». Pour lui, le seul statut reconnu par la Constitution, en son article 104 alinéa 7, est celui de sénateur à vie, accordé aux anciens présidents élus.
Il a tenu à rappeler que ce statut n’est ni honorifique ni symbolique, mais bel et bien juridique et politique, impliquant une compétence judiciaire claire : « Le juge compétent pour juger un sénateur au pénal, c’est la Cour de cassation », a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’en cas d’infractions à caractère militaire, ce rôle revient à la Haute Cour militaire.
Une leçon de droit constitutionnel appliqué
Dans un style limpide, mêlant rigueur académique et sens de la vulgarisation, le Professeur Muwawa a analysé la loi de 2018 sur les anciens chefs d’État. Selon lui, cette loi pose un sérieux problème de constitutionnalité. En effet, « la Constitution, aux articles 122 et 123, ne prévoit nulle part la possibilité de légiférer sur une telle matière. Ce texte est donc, en principe, inconstitutionnel », a-t-il expliqué avec assurance.
Et d’ajouter avec une pointe d’élégance juridique : « Le jour où cette loi fera l’objet d’un véritable contentieux devant la Cour constitutionnelle, elle sera probablement déclarée inconcevable. »
Un esprit brillant au service de l’État de droit
Face à un interlocuteur qui évoquait les fondements politiques du statut d’ancien chef d’État, comme un outil de stabilité démocratique, le Professeur Muwawa a répondu avec équilibre : « La volonté de créer des institutions fortes est noble, mais elle doit s’inscrire dans le respect de la hiérarchie des normes. Si l’on voulait aller au-delà du cadre constitutionnel, il fallait alors réviser la Constitution. »
Ce plaidoyer magistral en faveur du droit et de l’État de droit positionne une fois de plus le Professeur Grâce Muwawa comme une voix incontournable dans l’arène intellectuelle et juridique congolaise. Sa maîtrise des textes, sa capacité à vulgariser des notions pointues et son attachement à l’ordre républicain témoignent d’un esprit d’exception au service du pays.
Dans un contexte marqué par une forte judiciarisation de la vie politique, les éclairages du Professeur Muwawa viennent rappeler que seule une lecture rigoureuse du droit peut prémunir la République des dérives et garantir la cohésion nationale.
Arnold TSHIMANGA








































































