Kinshasa, 2 septembre 2025 – Le verdict est tombé dans ce qui restera comme l’un des procès les plus médiatisés de l’année en RDC. L’ancien ministre de la Justice et président du parti NOGEC, Constant Mutamba, a été condamné ce mardi à trois ans de travaux forcés, à l’issue d’un procès suivi de près par l’opinion publique.

Le tribunal l’a reconnu coupable de détournement de fonds publics dans le cadre de la gestion du FRIVAO, un fonds gouvernemental destiné à financer la construction d’infrastructures pénitentiaires à Kisangani.

Un marché public jugé frauduleux

Selon l’acte d’accusation, Constant Mutamba aurait attribué un marché à une entreprise sans capacités techniques ni légales pour exécuter les travaux. Cette manœuvre aurait conduit à la perte de plusieurs millions de dollars, sans que les infrastructures promises ne voient jamais le jour.

Le jugement, rendu après plusieurs semaines d’audiences, vient confirmer les soupçons de mauvaise gestion et de favoritisme dans l’attribution des fonds publics.

Une onde de choc politique

Cette condamnation est un coup dur pour l’image de Constant Mutamba, considéré jusqu’ici comme une figure montante de la scène politique congolaise. Son rôle récent comme ministre de la Justice et son discours nationaliste en faisaient un acteur de plus en plus visible dans les débats politiques.

En plus des travaux forcés, Mutamba est également frappé d’une interdiction d’exercer son droit de vote pendant cinq ans, écartant toute possibilité de candidature électorale à court terme.

Un procès aux résonances nationales

L’affaire a relancé les discussions sur la gestion des fonds publics, la lutte contre la corruption et l’exemplarité des responsables politiques. Pour certains analystes, ce verdict pourrait être un signal fort de la justice congolaise, bien que d’autres évoquent une lecture politique du dossier.

L’équipe de défense de Mutamba n’a pas encore confirmé si un appel serait interjeté.

Arnold TSHIMANGA

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