Devant la Haute Cour militaire, la défense du lieutenant-général Philémon Yav est montée au créneau pour contester la solidité des accusations portées contre son client. Me Kanyanga dénonce des poursuites fondées, selon lui, sur des « futilités » et des « faits qui n’existent pas », tout en alertant sur les conséquences d’une telle procédure pour la sécurité judiciaire des officiers supérieurs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Le procès du lieutenant-général Philémon Yav connaît un nouveau tournant devant la Haute Cour militaire. Alors que le Ministère public soutient les charges retenues contre l’ancien commandant de la 3ᵉ zone de défense, la défense a décidé de durcir le ton et de mettre en cause la consistance même du dossier judiciaire.

À la barre, Me Kanyanga, avocat du général Yav, a vivement contesté les éléments présentés à charge. Pour la défense, certaines accusations seraient basées sur des éléments qu’elle considère comme insuffisants, voire inexistants.

L’avocat dénonce ainsi des poursuites reposant sur des « futilités » et des « faits qui n’existent pas », estimant qu’une telle approche pourrait créer un précédent préoccupant dans le traitement judiciaire des officiers supérieurs de l’armée congolaise.

La défense alerte sur une « insécurité judiciaire »

Au-delà du cas particulier du général Philémon Yav, Me Kanyanga estime que les enjeux de cette procédure dépassent la seule personne de son client.

La défense met en garde contre le risque de voir s’installer une forme d’« insécurité judiciaire » pour les officiers supérieurs, qui pourraient, selon elle, être exposés à des poursuites sur la base d’éléments jugés fragiles ou non suffisamment étayés.

Pour les avocats du général Yav, la justice militaire doit pouvoir s’appuyer sur des faits précis, vérifiables et juridiquement établis, particulièrement lorsqu’il s’agit d’accusations aussi lourdes que la trahison ou la participation à un mouvement insurrectionnel.

Le témoignage d’Otshudi Omokoko au cœur de la stratégie de défense

La défense s’appuie également sur un témoignage qu’elle considère comme déterminant dans l’examen du dossier.

Otshudi Omokoko, ancien Redoca, cité dans cette procédure, aurait affirmé devant la juridiction que le co-prévenu Issa Shauri Chibogo ne lui avait jamais mis en cause le général Philémon Yav durant la période où les deux hommes étaient détenus ensemble.

Pour la défense, cette déclaration est susceptible d’affaiblir davantage la thèse soutenue par le Ministère public, notamment sur les liens supposés entre les différents prévenus.

La portée de ce témoignage devra toutefois être appréciée par la Haute Cour militaire, seule habilitée à déterminer la valeur probante des différentes déclarations et pièces versées au dossier.

Un procès sous haute attention

Le lieutenant-général Philémon Yav et son co-prévenu Issa Shauri Chibogo sont poursuivis notamment pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel.

Face à ces accusations particulièrement graves, la défense entend désormais concentrer ses efforts sur la démonstration de ce qu’elle présente comme les incohérences et insuffisances du dossier de l’accusation.

La Haute Cour militaire devra, au terme des débats, départager les différentes thèses en présence et apprécier les éléments de preuve conformément au droit.

Entre accusations contestées, témoignages contradictoires et bataille autour de la valeur des preuves, le procès du général Philémon Yav s’annonce ainsi comme un important test pour la justice militaire congolaise.

La RRédaction

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