• 19/08/2026
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Arbitrages budgétaires : le Trésor appelé à prendre en charge les missions de contrôle sur le terrain

La préparation du budget 2027 de la République démocratique du Congo entre dans une phase décisive. Le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, a ouvert, ce mardi, dans son cabinet de travail, une série de réunions consacrées aux arbitrages des prévisions de recettes devant être retenues dans l’avant-projet de loi de finances pour l’exercice 2027.

Tour à tour, le ministre des Mines, les représentants du ministère du Portefeuille, ceux des Transports, de l’Environnement, ainsi que le ministre des Postes et Télécommunications ont été reçus autour de la table. Au centre des échanges : comment faire mieux que les assignations actuelles et donner à l’État davantage de moyens pour financer son action ?

Autour du Vice-Premier ministre du Budget et du vice-ministre Elysé Bokumwana, les membres du gouvernement et les responsables des administrations concernées ont examiné les perspectives de mobilisation des recettes, conformément aux objectifs arrêtés par le gouvernement sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa.

Une nouvelle méthode pour traquer les recettes

L’ambition affichée par Adolphe Muzito est claire : accroître significativement les recettes publiques en renforçant le contrôle et le suivi des activités génératrices de revenus.

Dans un système fiscal essentiellement déclaratif, le gouvernement entend désormais miser davantage sur la présence effective des administrations sur le terrain. Il s’agit notamment de mieux suivre les assujettis, d’identifier les flux financiers et de réduire les pertes de recettes liées aux insuffisances de contrôle.

Innovation majeure annoncée au cours de ces réunions : les missions de contrôle sur le terrain devront désormais être prises en charge par le Trésor public. Une réforme présentée comme un levier destiné à donner davantage de moyens aux administrations pour accomplir efficacement leur mission de mobilisation des recettes.

Cette orientation semble déjà recevoir un écho favorable auprès des différents secteurs concernés.

Transports : le contrôle de terrain comme levier de performance

Au ministère des Transports, cette nouvelle approche est perçue comme une opportunité de renforcer considérablement les recettes.

Nicolas Nkan, secrétaire général ad intérim au ministère des Transports, s’est réjoui de l’engagement pris par le ministère du Budget de soutenir financièrement les missions de contrôle.

«« Le Vice-Premier ministre, ministre du Budget vient de nous dire clairement, par rapport à nos préalables, que les missions de contrôle sur le terrain seront désormais prises en charge par le Trésor public. »»

Pour lui, cette décision devrait permettre à son ministère d’intensifier les contrôles et, par conséquent, d’améliorer sensiblement les performances en matière de recettes.

L’enjeu est donc de passer d’une logique de simple prévision à une véritable culture de performance, où les moyens mobilisés doivent produire des résultats mesurables pour le Trésor.

Mines : mettre fin à « l’hémorragie » des recettes

Le secteur minier, véritable pilier de l’économie congolaise, figure naturellement parmi les secteurs appelés à jouer un rôle majeur dans cette nouvelle dynamique.

Le ministre des Mines, Louis Watum, a salué l’écoute accordée par Adolphe Muzito et l’engagement du Budget à accompagner davantage son secteur.

Selon lui, l’augmentation des recettes ne pourra être durable sans un renforcement des capacités opérationnelles des services chargés du contrôle.

«« Il faut une forte présence sur le terrain, il faut un inspectorat général des Mines qui est bien outillé, une administration qui est bien outillée », a-t-il souligné.»

Personnel, équipements, motivation et présence accrue sur le terrain : pour le ministre des Mines, tous ces éléments sont indispensables pour permettre à l’administration de mieux accomplir sa mission et surtout de mettre un terme aux importantes déperditions de recettes.

Environnement : le crédit carbone appelé à peser dans le budget 2027

Le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de l’Économie du climat n’est pas en reste.

Dans la perspective du budget 2027, ce portefeuille est appelé à contribuer davantage à l’effort national de mobilisation des recettes, notamment à travers le crédit carbone et une politique plus offensive dans le secteur environnemental.

Conformément à la vision portée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le gouvernement entend ainsi mieux valoriser le potentiel économique et environnemental de la RDC.

L’objectif assigné au ministère de l’Environnement serait particulièrement ambitieux : 300 milliards de francs congolais de recettes pour l’exercice budgétaire 2027.

Une cible qui traduit la volonté des autorités de faire du secteur environnemental non seulement un enjeu écologique, mais également un véritable levier de développement et de mobilisation des ressources publiques.

PTNTIC : aller au-delà des prévisions

Du côté du ministère des Postes et Télécommunications, le message est également celui de la performance.

Le ministre a assuré que son portefeuille était prêt à aller au-delà des prévisions, à condition de bénéficier des moyens nécessaires pour renforcer les capacités de mobilisation.

Il rappelle notamment que les résultats enregistrés au cours de l’exercice 2026 démontrent déjà la possibilité de dépasser les assignations initiales.

«« On ne peut pas aller mobiliser assez si on n’a pas des moyens qui nous permettront de pouvoir mobiliser », a-t-il fait valoir.»

Une équation simple résume donc cette nouvelle approche : donner davantage de moyens aux administrations pour qu’elles puissent, en retour, générer davantage de recettes pour l’État.

2027 : dépasser les assignations, nouveau mot d’ordre

À travers ces premières réunions d’arbitrage, Adolphe Muzito semble vouloir imprimer une nouvelle dynamique à la préparation du budget 2027.

L’heure n’est plus seulement à la fixation des assignations. Le gouvernement veut désormais s’assurer que les administrations disposent des outils, des moyens humains et financiers ainsi que des mécanismes de contrôle nécessaires pour atteindre, voire dépasser, les objectifs qui leur sont fixés.

Les ministères concernés, en tant que services d’assiette, sont ainsi appelés à devenir des acteurs majeurs de cette nouvelle politique de mobilisation des recettes.

Dépasser les assignations, renforcer le contrôle, mieux capter les flux financiers et donner davantage de moyens aux administrations : telle est la nouvelle équation budgétaire qui se dessine pour 2027.

À travers cette démarche, le ministère du Budget entend contribuer à la réalisation des priorités du gouvernement et à la mise en œuvre de son programme, dans un contexte où l’augmentation des ressources domestiques demeure un enjeu central pour financer durablement les politiques publiques de la RDC.

Arnold TSHIMANGA

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