Dans le nord-est de la République démocratique du Congo, la situation humanitaire continue de se détériorer à mesure que l’insécurité gagne plusieurs territoires de l’Ituri et du Haut-Uélé. À Mungbere, localité située à environ 130 kilomètres d’Isiro, plus de cent cinquante personnes issues des communautés autochtones pygmées ont trouvé refuge dans un centre pastoral, après avoir fui les violences qui secouent le territoire de Mambasa.

Selon les responsables du Centre pastoral des peuples autochtones de Mungbere, la structure est aujourd’hui débordée face à l’afflux massif de déplacés vivant dans des conditions extrêmement précaires. Hommes, femmes et enfants y cohabitent dans une promiscuité alarmante, sans assistance suffisante pour répondre aux besoins les plus élémentaires.

« Notre centre pastoral des peuples autochtones (pygmées) de Mungbere est aujourd’hui submergé par nos frères qui fuient la guerre à Mambasa. Nous comptons actuellement plus de cent cinquante déplacés, dont des hommes, des femmes et des enfants qui vivent dans des conditions critiques », a alerté Évariste Lolando, responsable du centre pastoral.

Parmi les déplacés figurent plusieurs cas particulièrement vulnérables : des enfants séparés de leurs parents, des femmes enceintes, des personnes âgées, des malades ainsi que des personnes vivant avec handicap. Une situation qui accentue davantage la pression sur cette structure d’accueil déjà limitée en moyens logistiques et financiers.

« Nous n’avons plus la capacité de les prendre en charge », a poursuivi le responsable du centre, lançant un cri d’alarme aux autorités ainsi qu’aux organisations humanitaires nationales et internationales.

Cette nouvelle vague de déplacement illustre une fois de plus les conséquences dramatiques de l’insécurité persistante dans l’est de la RDC, où des milliers de familles continuent d’abandonner leurs villages pour tenter d’échapper aux violences armées. Les communautés autochtones, souvent marginalisées et vivant dans une grande précarité, figurent parmi les premières victimes de cette crise.

À Mungbere, les besoins deviennent urgents : nourriture, médicaments, couvertures, soins médicaux et assistance psychologique font cruellement défaut. Les responsables locaux redoutent une aggravation de la situation sanitaire si une intervention rapide n’est pas engagée dans les prochains jours.

Face à cette tragédie humaine, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer une mobilisation immédiate des autorités provinciales et du gouvernement central afin d’apporter une réponse adaptée à ces déplacés internes qui vivent désormais dans l’angoisse et l’incertitude.

La Rédaction

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