Kinshasa, 14 juillet 2025 — Dans un contexte marqué par la guerre d’agression rwandaise via la rébellion du M23 à l’Est de la RDC, les Forces armées congolaises (FARDC) ont publié un communiqué pour justifier des interpellations d’officiers, dont certains de haut rang. Lors d’un plateau spécial sur la RTNC, le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole de l’armée, a déclaré que ces arrestations étaient motivées par des actes « en âme et conscience », contraires à « la loi et la discipline », et non en raison de leur appartenance à une communauté.

Une purge pour éradiquer la trahison ou une crise interne ?

Selon Ekenge, « il y a beaucoup de déclarations mensongères, beaucoup de rumeurs infondées dans l’espace numérique au sujet des interpellations ». Il a insisté que l’armée dispose de lois, de principes et de règlements militaires, et que toute personne ne respectant pas ces règlements doit faire face à des conséquences. Il a affirmé que ces officiers sont arrêtés pour « manquements graves » à la discipline, soulignant l’engagement de l’armée à la rigueur, à l’intégrité et au respect de la loi.

« En posant un acte contraire à la loi ou aux règlements, le militaire le fait en âme et conscience. Il ne pose pas cet acte au nom d’une quelconque communauté. Il agit en tant qu’individu, en tant que militaire, surtout s’il est officier. Il y a des valeurs qui entourent cette fonction, et si vous ne les respectez pas, la justice va s’occuper de vous », a-t-il ajouté.

Une critique ferme face aux accusations et aux détracteurs

Ekenge a également déploré l’attitude de certains acteurs politiques et de la société civile qui dénoncent des abus, tout en critiquant l’armée lorsqu’elle agit. Il a dénoncé une posture hypocrite, affirmant que « c’est vouloir une chose et son contraire. On dénonce la trahison, l’infiltration, le détournement. Mais lorsqu’on met la main sur les responsables, certains politiciens commencent à crier. Et puis on essaie d’injecter ce venin de la division au sein de l’armée. Quand il y a des problèmes, on arrête et on défère devant la justice, ce n’est pas négociable. »

Le porte-parole insiste que la justice doit suivre son cours pour préserver l’honneur et la cohésion des forces armées.

Une armée nationale et apolitique

Selon Ekenge, « les FARDC ont toujours insisté sur leur caractère national et apolitique. Elles sont sans coloration politique ou ethnique. Il faut qu’on cesse d’amener la division dans l’armée. En cas de faits graves reprochés à un officier, il doit être interpellé. S’il est innocent, il sera libéré. S’il est coupable, il subira la rigueur de la loi. »

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de tension extrême, où l’armée n’a pas officiellement cité de noms, mais aurait arrêté plusieurs officiers, dont le général d’armée Christian Tshiwewe, ancien chef d’État-major, devenu conseiller militaire du président Félix-Antoine Tshisekedi.

Une purge ou une nécessaire réforme ?

Ces interpellations interviennent alors que la RDC fait face à une guerre d’agression de la part du Rwanda, à travers le soutien à la rébellion du M23. Elles alimentent aussi les spéculations sur une possible purge interne, ou une lutte contre la corruption et la déloyauté dans les rangs militaires.

Les accusations de trahison, d’infiltration et de détournement ont été évoquées comme justification. La justice doit faire son travail, mais ces arrestations soulèvent aussi la question de leur transparence et de leur impact sur la cohésion des FARDC.

Une réponse ferme face à une menace extérieure et intérieure

Le message de l’armée est clair : toute infraction grave doit être traitée sans délai, pour préserver l’unité et la discipline. Mais dans un pays où la méfiance est profonde, la crédibilité de cette démarche dépendra de la transparence et de la justice, pour éviter que cette opération ne devienne un facteur de division supplémentaire.

En résumé

Dans un contexte où la RDC lutte pour sa souveraineté et sa stabilité, les FARDC veulent montrer leur détermination à combattre la trahison au sein de leurs rangs. Mais la question demeure : cette purge est-elle une étape nécessaire pour renforcer l’armée ou risquera-t-elle d’affaiblir davantage l’unité fragile de la nation ? La réponse dépendra des prochains jours, alors que la guerre et la crise politique continuent de faire rage à l’Est.

Arnold TSHIMANGA

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