Kinshasa, 3 octobre 2025 – Le territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri, a une fois de plus été le théâtre d’une violence atroce. Plus de treize personnes ont été tuées, dont plusieurs déplacés et membres de groupes armés, à la suite d’affrontements meurtriers entre la CODECO (Coopérative pour le Développement du Congo) et le groupe armé Zaïre à Maze, à seulement 15 kilomètres de Dju jug.
Face à cette recrudescence de l’insécurité, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO) a exprimé, dans un communiqué publié ce vendredi 3 octobre, sa profonde indignation. Elle dénonce avec vigueur ces actes « inqualifiables », qui pourraient constituer de graves violations du droit international humanitaire et des droits humains.
Des civils encore pris pour cible
Dans la nuit du 2 au 3 octobre, des attaques armées attribuées à des hommes non identifiés ont également frappé la localité de Gina, à 30 km au nord-est de Bunia. Ces violences ont provoqué le déplacement de près de 2 500 civils, désormais réfugiés dans la base de la MONUSCO, protégés par les Casques bleus. Ces derniers ont lancé immédiatement des patrouilles pour sécuriser les zones ciblées et tenter de prévenir de nouvelles attaques.
Solidarité, justice et engagement
La MONUSCO a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et réaffirmé sa solidarité envers les populations affectées. Elle appelle les autorités congolaises à diligenter une enquête impartiale et à poursuivre les auteurs de ces crimes, afin de mettre fin à l’impunité.
Vivian Van de Perre, Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général des Nations Unies et Cheffe par intérim de la MONUSCO, a assuré :
« La MONUSCO a renforcé sa présence dans les zones sensibles de l’Ituri, intensifiant ses patrouilles et coordonnant ses actions avec les FARDC dans le but de protéger les civils. »
Un appel à la désescalade
Dans son message, la MONUSCO exhorte une nouvelle fois tous les groupes armés à respecter leurs engagements issus de l’Accord de paix d’Aru II. Elle insiste sur la nécessité d’un arrêt immédiat des hostilités et d’une réintégration dans un processus de paix durable.
L’organisation onusienne met également en garde contre la militarisation des sites de déplacés internes. Elle encourage un renforcement de la collaboration entre les autorités locales, les communautés et les partenaires internationaux pour prévenir les violences, protéger les populations vulnérables et stabiliser durablement les zones affectées.
Alors que l’Ituri continue de souffrir de cycles de violence sans fin, la MONUSCO tente, à travers sa mission, de maintenir une lueur d’espoir et un minimum de sécurité pour les civils pris en étau entre les groupes armés et l’inaction de certaines autorités. Mais sans action concertée et résolue de l’État congolais et de ses partenaires, la paix restera une promesse lointaine pour les habitants de cette province meurtrie.
Arnold TSHIMANGA











































