Kinshasa, 20 septembre 2025 — Face à la persistance des embouteillages étouffants dans la capitale et au-delà, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, hausse le ton. Lors du 59e Conseil des ministres tenu ce vendredi, il a instruit les membres du Gouvernement à prendre des mesures fermes et immédiates, quitte à impliquer l’armée pour restaurer l’ordre et fluidifier la circulation.

Selon le compte-rendu du Conseil lu sur les antennes de la RTNC par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le Chef de l’État a chargé le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de procéder à un état des lieux exhaustif des effectifs, de la formation et de l’équipement des agents de police spécialisés dans la régulation du trafic.

« Le Chef de l’État a instruit le vice-Premier ministre de renforcer ces unités tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Il a également demandé, en concertation avec le vice-Premier ministre en charge de la Défense, d’étudier la possibilité de faire appel à certaines unités des forces armées pour appuyer la police, notamment aux grands carrefours et sur les axes stratégiques », a précisé Patrick Muyaya.

Cette orientation présidentielle intervient dans un contexte de grogne populaire face aux bouchons interminables qui paralysent la mobilité urbaine, affectent l’économie et sapent la qualité de vie des citoyens. Le Président Tshisekedi a rappelé que « cette situation est devenue insoutenable et inacceptable partout au pays ».

Envisager la participation des forces armées dans la gestion du trafic urbain, mesure inédite, traduit la volonté du Chef de l’État de rompre avec l’inaction et de restaurer une gouvernance de proximité centrée sur des résultats concrets. Reste à savoir si cette approche radicale sera saluée par les usagers, ou suscitera débat sur la militarisation des services civils.

Arnold TSHIMANGA

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