• 16/09/2026
  • LeMajestic
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Quatre mois après la déclaration officielle de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, les indicateurs de la riposte affichent une évolution encourageante. Mais pour les experts, ces avancées ne doivent surtout pas conduire à un relâchement. C’est le principal enseignement du briefing de presse co-animé ce mardi 15 septembre 2026 au studio Maman Angebi de la RTNC, à Kinshasa, par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, et les experts de la riposte.

Du suivi des contacts à 40 % à 80 % : une surveillance renforcée

Intervenant au cours de ce briefing, le Dr Jean-Jacques Muyembe a fait état d’une nette amélioration dans la gestion de cette épidémie, causée par le virus Bundibugyo.

Selon lui, l’un des progrès majeurs concerne le suivi des personnes ayant été en contact avec des cas suspects ou confirmés.

« Les listings exhaustifs des contacts sont là. Et le suivi des contacts est passé de 40 % à 80 %. Ils sont réellement suivis pendant 21 jours », a-t-il déclaré.

Une évolution qui traduit, selon les données présentées lors du briefing, un renforcement du dispositif de surveillance et de suivi épidémiologique.

De 2 à 24 laboratoires : la capacité de diagnostic s’élargit

Autre avancée mise en évidence par le Dr Muyembe : l’augmentation considérable du nombre de laboratoires mobilisés dans le cadre de la riposte.

« Nous sommes partis de 2 laboratoires à 24 laboratoires », a-t-il souligné.

Cette progression accompagne une autre évolution jugée importante : la baisse du taux de positivité parmi les échantillons prélevés auprès des personnes suspectées d’être atteintes d’Ebola.

« Le taux de positivité des échantillons, sur 100 échantillons prélevés chez les malades suspects, était au début de 60 % et aujourd’hui, c’est entre 20 et 25 % », a précisé le spécialiste.

Muyembe revient de quatre jours sur le terrain à Bunia

Ces observations ne reposent pas uniquement sur des données recueillies à distance. Le Dr Jean-Jacques Muyembe venait de passer quatre jours à Bunia, dans la province de l’Ituri, au contact du dispositif de riposte.

Il a ainsi présenté ses constats comme une observation « vécue » sur le terrain, donnant un éclairage direct sur l’évolution de la situation dans cette partie du pays.

Face aux médias réunis à Kinshasa, il a ainsi livré un état des lieux marqué par des progrès dans plusieurs secteurs essentiels de la réponse à l’épidémie.

« Nous avons fait des progrès, mais on ne doit pas baisser la garde »

Le message de prudence a toutefois été clairement rappelé.

Prenant la parole lors du même briefing, le Dr Placide Mbala, directeur de la Recherche, des Essais cliniques et de l’Innovation à Africa CDC, a insisté sur la nécessité de capitaliser les progrès réalisés depuis la déclaration officielle de l’épidémie.

Pour lui, les avancées enregistrées doivent aller de pair avec le maintien d’une surveillance rigoureuse.

« Nous avons fait des progrès, mais on ne doit pas baisser la garde », a-t-il martelé.

Il a notamment insisté sur le renforcement de la surveillance communautaire, considérée comme un élément important dans la détection et le suivi de l’évolution de l’épidémie.

Le « pic » : une étape qui doit encore être confirmée

Le Dr Placide Mbala a également apporté des précisions sur la notion de pic épidémique, particulièrement importante dans l’analyse de l’évolution d’une épidémie.

« C’est lorsque nous avons le nombre de cas le plus élevé au cours d’une épidémie », a-t-il expliqué.

Mais atteindre un niveau élevé de cas ne suffit pas, à lui seul, à confirmer que le pic est définitivement passé. Selon l’expert, il est nécessaire d’observer la tendance de la courbe dans la durée.

« C’est important de pouvoir suivre la décroissance de la courbe pendant au moins deux à trois semaines », a-t-il précisé.

Des indicateurs encourageants, une vigilance toujours nécessaire

Quatre mois après la déclaration officielle de cette 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC, les chiffres présentés lors de ce briefing dessinent donc une évolution marquée par plusieurs avancées : le suivi des contacts est passé de 40 % à 80 %, le nombre de laboratoires est passé de 2 à 24 et le taux de positivité des échantillons est passé d’environ 60 % au début de l’épidémie à une fourchette de 20 à 25 %.

Mais les experts réunis autour de Patrick Muyaya ont également rappelé qu’une amélioration des indicateurs ne signifie pas la fin de la menace.

Entre progrès de la riposte, surveillance communautaire renforcée et observation de la courbe épidémique, le mot d’ordre demeure donc clair : consolider les acquis et rester en alerte.

Arnold TSHIMANGA

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