Une restitution riche en symboles à Kinshasa
Le mardi 7 avril 2026, la salle du Musée de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa a servi de cadre à la restitution des travaux de la Bourse Leridon, un rendez-vous artistique majeur ayant réuni des figures de premier plan du gouvernement congolais.
À cette occasion, le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, et la Ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, ont honoré de leur présence cette cérémonie, traduisant ainsi l’engagement de l’État en faveur de la promotion des industries culturelles et créatives.
Une résidence artistique au cœur de la création contemporaine
Fruit d’une double résidence de trois mois entre le Cameroun et la RDC, à l’espace Texaf Bilembo, les œuvres présentées incarnent la vitalité et la profondeur de la jeune scène artistique congolaise.
La lauréate 2025, Manuella Alonge, a développé une démarche axée sur le dialogue interculturel, explorant les passerelles entre mémoire et identité. À ses côtés, Destin Ushindi s’est illustré par des œuvres puissantes, mêlant acrylique et stylo à bille pour raconter, sans détour, les réalités sociales de la République démocratique du Congo.
Un plaidoyer fort pour la jeunesse artistique
Prenant la parole, le Directeur Général de l’Académie des Beaux-Arts, Henri Kalama Akulez, a insisté sur la nécessité d’accompagner les jeunes talents :
« Je suis satisfait du résultat et convaincu que les prochaines éditions seront encore plus prometteuses. »
Un message d’espoir qui résonne dans un contexte où la jeunesse artistique congolaise cherche davantage de visibilité et de soutien.
Une reconnaissance internationale en marche
Initiateur de la Bourse, Matthias Leridon a salué la richesse et l’énergie de la création congolaise, soulignant la dimension internationale et la crédibilité du processus de sélection, assuré par un jury d’experts indépendants.
Dans une annonce majeure, il a révélé que la prochaine édition étendra la résidence artistique à trois pays : la RDC, le Cameroun et l’Afrique du Sud, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives aux artistes émergents.
Le soutien affirmé du gouvernement congolais
Dans son intervention, la Ministre Yolande Elebe Ma Ndembo a exprimé sa fierté face à l’essor des arts plastiques congolais, évoquant notamment l’ambition du pays de marquer sa présence sur la scène internationale, notamment à la Biennale de Venise. Elle a insisté sur la volonté de valoriser les artistes congolais à travers des expositions d’envergure.
De son côté, Patrick Muyaya Katembwe a salué le courage et la détermination des artistes :
« Les artistes font partie des talents que la RDC peut exporter pour construire son narratif. »
Un discours qui place la culture au cœur de l’influence et du rayonnement du pays.
La Bourse Leridon, un tremplin pour la nouvelle génération
Initiée par Matthias Leridon et Gervanne Colboc Leridon, en partenariat avec l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, la Bourse Leridon s’impose aujourd’hui comme un véritable levier de promotion de la jeune création.
Attribuée en novembre 2025 par un jury composé notamment de Prisca Tankwey, Nadine Hounkpatin, Gosette Lubondo et Hilary Balu, elle a permis à Manuella Alonge de bénéficier de ce prestigieux accompagnement, tandis que Destin Ushindi recevait une bourse de création de 1 000 dollars.
Un voyage artistique entre mémoire et engagement
Au-delà d’une simple restitution, cette exposition s’est imposée comme une immersion dans la création contemporaine congolaise. Entre mémoire collective et engagement social, les œuvres présentées traduisent une génération d’artistes déterminée à raconter son époque et à inscrire la République démocratique du Congo sur la carte mondiale de l’art.
Une dynamique appelée à s’amplifier
Avec l’extension annoncée de la résidence à plusieurs pays et l’implication croissante des autorités publiques, la Bourse Leridon confirme son rôle stratégique dans l’émergence d’une nouvelle élite artistique.
Plus qu’un programme, elle devient un symbole : celui d’une RDC qui croit en son art, en ses talents et en son pouvoir de rayonnement culturel à l’échelle internationale.
Arnold TSHIMANGA




































