Bruxelles, 9 octobre 2025* — Dans le cadre du Global Gateway Forum 2025, le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a livré depuis la scène européenne un message fort d’apaisement, de responsabilité et d’espérance pour la région des Grands Lacs. Face à son homologue rwandais, il a lancé un appel solennel : « Je prends à témoin le monde entier pour vous tendre la main, monsieur le Président. » 

Une main tendue pour la paix et la responsabilité partagée

Le Chef de l’État n’y est pas allé par quatre chemins : il a exhorté Kigali à « donner l’ordre aux troupes du M23, soutenues par votre pays, de cesser cette escalade ». « Nous sommes les deux seuls capables d’arrêter cette escalade », a-t-il insisté devant un auditoire attentif.

Il a rappelé avec gravité : « L’histoire nous jugera. Il est temps de nous arrêter et de nous tourner vers le développement. » Argumentant encore : « Il faut avoir le courage de nous regarder en face, de voir ce qui ne va pas, afin de prendre les bonnes décisions pour nos populations. »

Pourtant, dans un souci de posture rationnelle, il a tenu à souligner qu’« à aucun moment je n’ai affiché une attitude belliqueuse à l’égard du Rwanda ». 

Un soutien diplomatique tourné vers le dialogue

Sur le plan diplomatique, Tshisekedi a rendu hommage au président angolais, président en exercice de l’Union africaine, pour son implication dans le processus de paix de Luanda. Il a regretté que Paul Kagame ait boycotté la réunion prévue sous l’égide de João Lourenço, « alors que nous étions à 98 % du recouvrement d’une paix totale ». Il a toutefois nuancé : « Mais il n’est pas trop tard pour bien faire. »

Dans une posture de retenue stratégique, le président congolais a annoncé qu’il suspendait provisoirement son plaidoyer pour des sanctions contre Kigali, en attendant la réaction à cette main tendue.

Entre fermeté et diplomatie, l’image d’un président qui sait peser ses mots

Ce discours à Bruxelles marque un tournant dans la diplomatie congolaise. Par son ton mesuré mais ferme, Félix Tshisekedi refuse l’escalade verbale et opte pour un appel à la responsabilité collective. Il rehausse ainsi son image de président capable de combiner une posture de fermeté avec une volonté de dialogue raisonné.

Cette stratégie, loin de traduire la faiblesse, témoigne de sa capacité à manier la diplomatie dans des eaux tumultueuses. Le président apparaît comme un chef d’État réfléchi, attaché à la paix sans renoncer à la dignité du pays.

Arnold TSHIMANGA

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