• 27/05/2026
  • LeMajestic
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Face à la progression de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, le gouvernement congolais intensifie sa mobilisation diplomatique, financière et sanitaire. Lors d’un briefing presse animé ce mardi 26 mai 2026 aux côtés du ministre de la Communication et Médias Patrick Muyaya, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba, a dressé un état des lieux préoccupant de la situation épidémiologique tout en annonçant d’importants engagements financiers pour soutenir la riposte.

Plus de 300 millions USD annoncés pour la riposte

Le Dr Samuel Roger Kamba a révélé qu’un plan de financement évalué à 319 millions de dollars américains a été adopté à l’issue de la réunion tripartite RDC–Ouganda–Soudan du Sud tenue récemment à Kampala.

Selon le ministre, plusieurs partenaires ont déjà pris des engagements dépassant les 300 millions USD afin de renforcer les capacités de réponse face à cette nouvelle flambée épidémique.

« Sur les 300 millions annoncés, l’État congolais a déjà débloqué 20 millions de dollars », a précisé le patron de la Santé publique.

Ces ressources devront notamment permettre le renforcement de la surveillance épidémiologique, la prise en charge des malades, la vaccination, la protection du personnel médical ainsi que la sensibilisation des populations exposées.

Kinshasa alerte sur les difficultés de riposte dans les zones sous occupation de l’AFC/M23

Abordant la situation dans l’Est du pays, particulièrement à Goma et dans certaines zones sous contrôle de l’AFC/M23, le Dr Samuel Roger Kamba a exprimé de sérieuses inquiétudes quant aux obstacles sécuritaires qui empêchent le déploiement efficace des équipes sanitaires.

Le ministre de la Santé a directement pointé du doigt le Rwanda ainsi que les rebelles de l’AFC/M23, estimant que leur présence compromet gravement les opérations de riposte.

« Il faut que le Rwanda quitte nos territoires pour que nous puissions déployer notre riposte », a déclaré le ministre.

Le Dr Kamba a insisté sur le fait qu’une lutte efficace contre Ebola ne peut être fragmentée ni limitée à certaines zones uniquement.

« On ne peut pas mener une riposte isolée. Nous devons rétablir une riposte globale et coordonnée », a-t-il martelé.

Le gouvernement congolais redoute également les conséquences sanitaires d’une « micro-riposte » dans les territoires occupés, estimant que les groupes armés présents ne disposent ni des compétences techniques ni de l’expertise nécessaire pour gérer une épidémie aussi dangereuse.

« Ils n’ont pas l’expertise en matière d’épidémie », a averti le ministre.

Face à cette situation, Kinshasa indique avoir officiellement sollicité l’ouverture d’un couloir humanitaire afin de permettre l’acheminement du personnel médical, des équipements et des intrants sanitaires vers les zones affectées.

Le ministre a également dénoncé la fermeture des frontières rwandaises, qu’il considère comme une grave entorse aux principes internationaux de santé publique.

Une situation épidémiologique toujours en phase de croissance

Sur le plan sanitaire, les chiffres communiqués par le ministère de la Santé témoignent d’une évolution inquiétante de l’épidémie.

À ce jour :

Environ 1 000 personnes présentent des symptômes liés à Ebola ;

101 cas ont été confirmés ;

Entre 30 et 35 % des tests réalisés se révèlent positifs ;

Près de 200 décès probables sont recensés ;

17 décès ont été confirmés officiellement ;

3 600 personnes sont identifiées comme cas contacts ;

230 patients sont actuellement pris en charge.

« Nous sommes encore dans une phase de croissance de l’épidémie », a reconnu le Dr Samuel Roger Kamba.

Trois provinces touchées par l’épidémie

La maladie affecte actuellement trois provinces de la République démocratique du Congo :

L’Ituri, avec 7 zones de santé touchées sur 36 ;

Le Nord-Kivu, avec 3 zones affectées ;

Le Sud-Kivu, avec 1 zone déjà concernée par l’épidémie.

Face à cette progression, les autorités sanitaires congolaises appellent à une mobilisation nationale et internationale urgente afin d’éviter une propagation incontrôlée du virus dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Arnold TSHIMANGA

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