Kinshasa, 04 mars 2026 – Le débat sur la révision constitutionnelle vient de franchir un cap politique majeur. Au centre de la controverse : la sortie médiatique du 2ᵉ vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, qui a affirmé que « le pays n’a pas un problème de textes, mais d’hommes », tout en s’opposant à toute révision de la Constitution.

Une déclaration qui n’a pas laissé indifférent le professeur André Mbata Betukumesu Mangu, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, initiateur du colloque tenu le 18 février au Palais du Peuple, où le professeur Évariste Boshab avait évoqué la possibilité scientifique d’une évolution constitutionnelle 17 ans après son adoption.

« Problème d’hommes » : une affirmation lourde de sens

En déclarant que la RDC souffrirait d’un « problème d’hommes » et non de textes, Bahati Lukwebo a ouvert un champ d’interrogations politiques profondes.

Car une question s’impose avec insistance :
Qui sont ces “hommes” qui poseraient problème ?

Les membres du Présidium de l’Union sacrée de la Nation ?
Les membres du Gouvernement ?
Les Députés nationaux ?
Les Sénateurs ?
La Haute Autorité Politique de l’Union sacrée ?

Et surtout : le 2ᵉ vice-président du Sénat lui-même, membre du Présidium, s’exclut-il de cette catégorie qu’il décrie ?

C’est précisément cette incohérence que le professeur André Mbata a choisi de mettre en lumière avec force :

« Problème d’hommes ? Les membres du Présidium, les membres du Gouvernement, les Députés nationaux, les Sénateurs et la Haute Autorité Politique de l’Union Sacrée de la Nation sont-ils au nombre de ces hommes qui seraient le problème du pays ??? Les masques tombent enfin. »

« Les masques tombent » : une phrase qui résonne

En affirmant que « les masques tombent », André Mbata ne se contente pas de répondre. Il interpelle. Il oblige à la cohérence. Il appelle à l’assumation politique.

Car peut-on, en qualité de deuxième vice-président du Sénat, tenir publiquement des propos laissant entendre que le pays souffre d’un déficit d’hommes compétents ou responsables, sans que cela n’engage l’ensemble des institutions dont on fait soi-même partie ?

Cette sortie soulève un débat sur la responsabilité collective. Dans un système institutionnel, les textes ne vivent que par ceux qui les appliquent. Si problème d’hommes il y a, alors il concerne nécessairement ceux qui exercent les plus hautes charges.

Une prophétie politique en train de se réaliser ?

Certains observateurs voient dans cette séquence politique une illustration frappante des propos tenus par le Président de la République, qui avait déclaré que « les ténèbres ne régneront pas toujours ».

La lumière du débat public, aujourd’hui, semble révéler des lignes de fracture jusque-là contenues.
Les positions se clarifient.
Les responsabilités se dévoilent.
Les masques tombent.

Mbata, la constance d’un juriste

Face à la simplification du débat constitutionnel, le professeur André Mbata oppose la rigueur scientifique. Son initiative du colloque n’était pas un mot d’ordre politique, mais une réflexion académique sur l’évolution des normes fondamentales, pratique courante dans les États modernes.

En recentrant le débat sur la cohérence institutionnelle et la responsabilité des acteurs, il confirme son rôle de vigie intellectuelle au sein de la majorité.

Dans un contexte où chaque mot pèse lourd, son intervention ne vise pas la polémique, mais la clarification.

Le débat sur la Constitution est désormais plus qu’un débat juridique : il est devenu un test de cohérence politique.

Et dans cette séquence, une chose apparaît clairement :
le professeur André Mbata Betukumesu Mangu refuse les raccourcis, et assume le courage de poser les vraies questions.

Arnold TSHIMANGA

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